Ca Et La

  • 50 ans après les événements tragiques de la manifestation de Kent State, Backderf livre un récit historique magistral et poignant.

    Après l'autobiographie (Mon Ami Dahmer) et l'autofiction (Trashed), l'auteur américain Derf Backderf réalise un magistral documentaire historique sur les années 1970 et la contestation contre la guerre du Vietnam. Kent State relate les événements qui ont mené à la manifestation du 4 mai 1970 et à sa violente répression sur le campus de cette université de l'Ohio. Quatre manifestants, âgés de 19 à 20 ans, furent tués par la Garde nationale au cours de cette journée. Cet événement marqua considérablement les esprits et provoqua des manifestations gigantesques dans tout le pays avec plus de quatre millions de personnes dans les rues, marquant un retournement de l'opinion publique sur l'engagement américain au Vietnam.

    Derf Backderf, avait 10 ans à l'époque des faits. Il a vu des troupes traverser sa ville en 1970, et il a été profondément marqué par la répression sanglante de la manifestation du 4 mai. Dans Kent State, il brosse le portrait des étudiants qui seront tués au cours de la manifestation ainsi que celui d'un membre de la Garde nationale. Sa description détaillée de la journée du 4 mai 1970, montre comment l'incompétence des responsables locaux a débouché sur une véritable boucherie.

    Derf Backderf a consacré trois ans à la réalisation de Kent State, il a réalisé un véritable travail journalistique et interviewé une dizaine de personnes ayant participé à la manifestation. Kent State est un récit extrêmement prenant, poignant, une leçon d'histoire et une démonstration implacable de l'absurdité de l'utilisation de la force armée pour contrôler des manifestations.

  • A l'âge de 30 ans, Shaghayegh Moazzami a quitté l'Iran pour le Canada à la faveur d'un mariage blanc. Dans " Hantée ", elle raconte toutes les difficultés qu'elle a connues dans son pays d'origine - aussi bien à l'école qu'au sein de sa propre famille - et qui l'ont poussée à s'exiler. Elle raconte surtout comment, une fois arrivée au Canada en 2016, elle n'a pour autant pas réussi à trouver de répit et a continué de subir le poids de la religion et des traditions inculquées dans sa jeunesse.
    Un poids qui s'est un jour manifesté par l'apparition d'une vieille femme imaginaire, bigote et ultraconservatrice. Une vieille femme qui se met à persécuter Shaghayegh, lui reprochant sans cesse son mode de vie occidental et lui faisant des remontrances chaque fois qu'elle fait quelque chose d'interdit ou de mal vu dans son pays (faire du vélo ou fumer quand on est une femme, boire de l'alcool, etc)...
    " Hantée " est un récit autobiographique sans fard, une plongée dans la psyché perturbée d'une jeune femme en colère confrontée à des démons intérieurs et à une situation personnelle qui l'insatisfait au plus haut point. A travers ce récit, Shaghayegh Moazzami montre comment le peuple iranien, et singulièrement les femmes de ce pays, continuent de subir encore de nos jours une incroyable pression qui les marquera souvent à vie.

  • La grâce

    Emmi Valve

    La Grâce de l'autrice finlandaise Emmi Valve est un récit saisissant sur les troubles mentaux. Dans ce long récit autobiographique de 300 pages, Emmi Valve décrit l'expérience qu'elle a, depuis son enfance, d'une forme particulière de dépression sévère parfois appelée dépression existentielle. Les personnes qui en souffrent ressentent un vide absolu dans leur existence et éprouvent de façon terriblement exacerbée le sentiment que leur vie n'a aucun sens.
    Emmi Valve décrit méthodiquement sa plongée dans l'horreur, la dégradation de son état psychique alors qu'elle était jeune adulte et sa lente sortie de cet enfer après en séjour en HP. C'est un récit brut, sans fard, raconté avec beaucoup d'honnêteté, mais aussi avec du recul et sans auto apitoiement, rythmé par des têtes de chapitres extraites des carnets dans lesquels l'autrice couchait ses doutes et questionnements.
    Emmi Valve montre également une belle maîtrise de la couleur - qui jouera un rôle important dans sa bataille pour mener une vie "normale" - et qu'elle utilise pour retranscrire les sensations, les ressentis et très souvent l'angoisse et la noirceur. La Grâce est un livre puissant et percutant, la terrible histoire d'une jeune femme dont la vie a longtemps été un véritable cauchemar éveillé.

  • Soleil mécanique

    Lukasz Wojciechowski

    • Ca et la
    • 19 Février 2021

    1937, Tchécoslovaquie. Bohumil Balda est architecte dans la petite ville de Hradec Králové, non loin de la Pologne. Passionné par son métier, il suit les principes de l'architecture moderniste et tente d'insuffler une forme d'avant-garde dans tous ses projets. Balda se méfie comme de la peste des nazis et de leur rhétorique anti-moderniste, d'autant plus que son propre beau-père, qu'il exècre, est affilé au parti National-Socialiste.
    Mais Balda se voit confier des travaux de plus en plus importants par la direction locale du NSDAP et alors qu'il réalise les premiers projets à son corps défendant, il bascule progressivement, fasciné par les projets délirants et grandioses du régime nazi. Il en vient à concevoir un bâtiment spectaculaire, une salle géante pour les allocutions des dignitaires nazis, le Soleil Mécanique, qui va provoquer sa disgrâce et sa chute finale.
    Soleil Mécanique est une fiction inspirée par l'histoire turbulente de l'architecture européenne entre les années 1930 et 1940, une satire des délires de grandeur du régime nazi ainsi qu'un rappel des compromissions de certains artistes qui se sont fourvoyés avec le IIIe Reich. Deuxième livre de l'architecte polonais Lukas Wojciechowski remarqué pour son Ville Nouvelle en 2019, Soleil Mécanique montre l'impressionnante créativité de cet auteur dans ce nouvel opus également dessiné sous AutoCAD.

  • True stories

    Derf Backderf

    Le retour du plus connus des dessinateurs de Cleveland (après Joe Shuster), dans une anthologie de ses histoires courtes ! Derf Backderf a réalisé des strips hebdomadaires pendant près d'un quart de siècle, entre 1990 et 2014. D'abord diffusés dans les journaux gratuits de la ville de Cleveland, ces strips atteindront par la suite jusqu'à 140 journaux du pays. Voici 200 de ces histoires rassemblées pour la première fois en un unique volume. Dans True Stories, on croise des illuminés en tous genre, pris sur le vif dans la rue ou dans des magasins, des scène du quotidien qui font mouche. True Stories, c'est l'Amérique profonde, dérangée, saturée de malbouffe, foutraque. On retrouve avec bonheur la patte de cet auteur dont le dessin, en construction au début des années 1990, évolue au fil des histoires et cette faculté à déceler les situations baroques et à croquer des personnages marquants, alliée à un art consommé de la chute.
    « Oui, tout ce qui est dans ce livre est réellement arrivé. J'ai été personnellement témoin de la plupart de mes True Stories. Les autres m'ont été rapportées par des amis en lesquels j'ai confiance. Devoir réaliser un strip chaque semaine ne me manque pas vraiment. Ce qui me manque, c'est de me balader dans les rues de la ville à la recherche de gens bizarres. Ça a toujours été ce qui me plaisait le plus dans ce boulot » Derf Backderf.

  • Confessions sur une jeunesse amoureuse agitée, cinq ans après les événements décrits dans Trop n'est pas Assez (Prix Révélation Angoulême 2011 et Prix Artémisia 2011).
    Autriche, 1989. Ulli Lust a vingt-deux ans et vit désormais à Vienne où elle tente de faire carrière comme illustratrice tout en alternant petits boulots et aide sociale. Elle revient tous les week-ends chez ses parents, dans la campagne autrichienne, pour passer du temps avec son jeune fils, Philipp, qu'elle a eu à dix-sept ans suite à une rencontre sans lendemain. Ulli vit avec Georg, acteur dans une petite troupe de théâtre, limite dépressif et beaucoup plus âgé qu'elle. Suite à une rencontre dans un parc, elle s'engage dans une relation avec Kim, un jeune nigérien récemment arrivé en Autriche et une intense passion charnelle va se nouer entre eux. Mais Ulli tient à continuer sa relation avec Georg, tout en étant avec Kim... Ce nouvel opus autobiographique d'Ulli Lust est une réussite totale. On y retrouve son sens de la narration, le talent de cet auteur pour mettre en scène sa jeunesse, et sa capacité à transmettre aux lecteurs les émotions, les passions, les peurs qu'elle a elle-même ressenties il y a des années. Programmé pour une parution en octobre 2017 par la prestigieuse maison d'édition allemande Suhrkamp, Alors que j'essayais d'être quelqu'un de bien sortira dès le mois suivant en France.

  • Après la science (Fables Scientifiques) et la maladie mentale (Fables Psychiatriques), Darryl Cunningham se penche sur les relations entre la politique et l'économie, et plus précisément sur l'évolution des doctrines libérales et leur rôle dans le déclenchement de la crise de 2008, puis de la montée de l'extrême droite en Europe. Cunningham brosse d'abord le portrait d'Ayn Rand, auteure américaine - La Grève - qui a été extraordinairement influente aux États-Unis.
    Ayn Rand est à l'origine de la doctrine de l'objectivisme et a influencé de très nombreux hommes politiques américains, dont les libertariens, mais aussi des personnes clés de l'ad-ministration qui jouèrent un rôle prédominant au moment de la crise de 2008. Cunningham décrit ensuite dans le détail, les mécanismes en cause dans cette crise, et les ravages qu'elle a causés, parallèlement à un nouvel essor des politiques libérales et à la montée de l'individualisme dans nos sociétés. Son engagement est sans équivoque et il annonce claire-ment la couleur dans sa préface : « Dans des États démocratiques, où le droit de vote existe, on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes d'avoir donné le pouvoir à ceux qui esti-ment vertueux de privilégier l'amoncellement d'argent au lieu de l'égalité de tous ».

  • La douleur, quelle chose étrange est le premier volume d'une trilogie de courts essais en bande dessinée consacrés à la douleur, au trauma et à l'anxiété par les anglais Steve Haines et Sophie Standing. La douleur, quelle chose étrange explore les mécanismes psychologiques et physiologiques à l'oeuvre dans le phénomène de la douleur, à la fois familier et craint. Praticien adepte des médecines douces, sans pour autant être un adversaire de la médication, Steve Haines aborde le question du regard que la société porte sur la douleur (considérée comme une émotion ou un signal d'alerte selon les écoles) et examine de façon approfondie, à l'aide de très nombreuses références et citations de spécialistes du domaine, comment la douleur agit.
    /> Steve Haines s'attarde plus particulièrement sur les douleurs chroniques qui sont souvent dans l'angle mort de la médecine conventionnelle et dont il n'est pas toujours possible d'identifier la cause. Les nombreux concepts et mécanismes biologiques abordés au fil de cet ouvrage sont brillamment mis en images par Sophie Standing qui parvient à associer un réel parti-pris stylistique à une narration documentaire et pédagogique.
    Les deux autres titres de la trilogie: Le Trauma, cette chose étrange et l'Anxiété cette chose étrange paraîtront au premier semestre 2019.

  • Après La douleur quelle chose étrange (octobre 2018) et L'Anxiété quelle chose étrange (mars 2019), Steve Haines consacre un nouveau petit précis à un thème de santé. Il se penche ici sur le traumatisme psychique, qui touche tout le monde à des degrés plus ou moins importants. En trente-deux pages, Haines brosse un tableau synthétique de ce que l'on sait sur ce phénomène psychologique en s'attardant notamment sur sa manifestation la plus courante, la dissociation.
    Cette réaction de notre cerveau à un ou plusieurs événements insupportables se manifeste par des amnésies sélectives ou une sensation de déconnexion de son propre corps dans le cas des expériences les plus traumatisantes. Comme dans ses précédents ouvrages, Steve Haines propose également des pistes pour les personnes qui souffrent de traumatismes psychiques, à base de techniques simples qui peuvent permettre de diminuer l'intensité des troubles ressentis.
    L'illustratrice anglaise Sophie Standing, déjà dessinatrice des deux autres essais de Steve Haines, met à nouveau en dessin le texte avec un vrai travail stylistique et la volonté de rendre compréhensible les explications du scénariste mais aussi de trouver des astuces graphiques tout en utilisant une palette de couleurs et un style singuliers, inhabituels dans le registre de la bande dessinée didactique.

  • La tournée

    Andi Watson

    • Ca et la
    • 15 Février 2019

    G. H. Fretwell, un petit auteur de romans peu connus, vit dans une petite ville anglaise, avec sa femme, Rebecca, qui ne lui prête pas une grande attention. Son nouveau roman, Sans K, vient de sortir et Fretwell se lance dans une tournée de rencontres en librairie pour en faire la promotion. Plus ou moins bien accueilli dans les librairies de son circuit, Fretwell ne réussit jamais à signer le moindre livre et passe des journées à arpenter des ruelles pour trouver son chemin.
    Délaissé par son éditeur qui a manifestement d'autres chats à fouetter, il attend impatiemment la parution d'une recension de Sans K dans la rubrique littéraire d'un grand quotidien, chronique qui ne viendra jamais. Les ennuis de Fretwell commencent quand il est interrogé par la police à propos d'une valise volée car son circuit est étrangement similaire à celui du "Tueur à la valise" , un tueur en série qui sévit à ce moment là.
    Fretwell va progressivement comprendre que la police le soupçonne... Le nouveau livre d'Andi Watson, qui paraît en première exclusivité en France, est un petit bijou d'humour noir au style graphique retro. On suit avec délice les déboires de cet auteur confronté à une situation où tout lui échappe, une histoire kafkaïenne, qui prend une tournure surréaliste au fur et à mesure que les problèmes s'amoncellent sur le chemin de Fretwell.

  • Après La Douleur, quelle chose étrange publiée en octobre 2018, Steve Haines consacre un nouveau petit précis à un thème de santé. Il se penche ici sur l'anxiété, parfois considérée comme le nouveau mal du siècle. En trente-deux pages, Haines brosse un tableau synthétique de ce que l'on sait sur cette émotion désagréable ressentie par tout le monde (sauf par les psychopathes), à des degrés plus ou moins importants. Steve Haines présente les nombreux facteurs considérés comme des causes pouvant accroître l'état d'anxiété, il détaille les différentes manifestations de ce trouble, et présente des pistes d'actions pour ceux qui en souffrent le plus ; les personnes pour lesquelles de nombreuses décisions du quotidien deviennent presque une question de vie ou de mort et provoquent des crises de panique.
    Comme dans le précédent volume, l'illustratrice anglaise Sophie Standing met en dessin le texte de Haines, avec un vrai travail stylistique et la volonté de rendre compréhensible les explications du scénariste mais aussi de trouver des astuces graphiques tout en utilisant une palette de couleurs et un style singuliers, inhabituels dans le registre de la bande dessinée didactique.

  • Filmo graphique

    Edward Ross

    • Ca et la
    • 19 Septembre 2017

    Grâce à Filmo Graphique, Edward Ross combine ses deux passions, le cinéma et la bande dessinée, et nous fait (re)découvrir des pans entiers de l'histoire du cinéma.
    Edward Ross a fait des études de littérature et de cinéma avant de travailler pendant six ans au Festival International du Film d'Édimbourg où il a vu des centaines de films. Avec Filmo Graphique, il traverse toute l'histoire du cinéma, de sa création, à la fin du XIXe siècle, jusqu'à l'avènement de la 3D, à travers des analyses de films regroupés par grandes thématiques (la représentation du corps, le son, les décors, la voix, le temps...) et des citations de spécialistes du cinéma. Edward a réalisé pour ce faire une sélection qui reflète son panthéon personnel, navigant des films grands publics les plus commerciaux à des longs-métrages beaucoup plus pointus, une sélection qui mélange les genres, les époques et les continents, de Star Wars à Hiroshima mon Amour en passant par Do the right thing. Au fil des pages, Edward Ross redessine des scènes iconiques du 7ème art, créant un impressionnant patchwork visuel et narratif constitué de plus de 300 films. Il compose ainsi une filmographie graphique dans laquelle il se met en scène, à la fois scénariste, réalisateur et acteur.

  • "Ville Nouvelle" dévoile le quotidien d'une équipe d'architectes entre 1958 et 1977, ainsi que l'avancée de leur projet de reconstruction d'une ville européenne, à la suite des ravages de la guerre. Ce qui, au départ, devait être un chantier novateur, habité par la soif du progrès ainsi que le désir de s'affranchir du passé et de révolutionner le monde, prend progressivement mauvaise tournure. L'euphorie initiale fait place à l'abattement. Le futur qui avait été idéalisé devient une dure réalité qui déçoit. On fini par construire une ville où l'homme n'a plus vraiment sa place, où tout est robotisé. Mêmes les architectes sont remplacés par des machines et il ne reste plus personne pour servir le café...

  • Fichtre

    Alberto Montt

    • Ca et la
    • 18 Octobre 2019

    Connu dans toute l'Amérique latine, Alberto Montt publie des dessins humoristiques depuis une douzaine d'années sur son blog Dosis Diarias qui reçoit jusqu'à 100 000 visites quotidiennes.
    Fichtre ! rassemble plus de 150 de ces cartoons à l'humour complètement déjanté.
    On y croise Dieu, le Diable, des vaches folles, des microbes dépressifs, des super héros qui tapent la discute au troquet et des hommes des cavernes accros aux réseaux sociaux...

  • Kafkaien

    Peter Kuper

    • Ca et la
    • 22 Novembre 2019

    Peter Kuper adapte en bande dessinée quatorze histoires de Franz Kafka ! L'univers de Kafka sied à merveille à cet auteur américain engagé contre les régimes autoritaires et observateur attristé de l'absurdité du monde contemporain. Kuper est également un adepte de la carte à gratter, une technique particulièrement pertinente pour évoquer des ambiances oppressantes. Il a commencé à adapter Kafka dès 1988. Un premier recueil de neuf nouvelles a été publié en 2004 aux éditions Rackham (épuisé), avec son adaptation de La Métamorphose. Le présent recueil comporte cinq autres histoires, dont La colonie pénitentiaire.
    « Alors que notre monde mérite de jour en jour davantage l'adjectif kafkaïen, les messages que Kafka nous souffle à l'oreille et entre les cases prennent un sens renouvelé. »

  • Talc de verre

    Marcello Quintanilha

    Rosangela souffre du syndrome de la femme parfaite. Cette habitante de Niteroi (État de Rio de Janeiro) est une dentiste reconnue, elle a son propre cabinet. Son mari, un cardiologue à succès, a bon caractère et est très amoureux d'elle. Ses enfants préadolescents étudient dans des écoles privées et sont de véritables petites merveilles. Elle a une belle voiture neuve et son compte bancaire est bien rempli...
    Le seul problème, c'est cette cousine aux magnifiques cheveux blonds. Cette cousine qui, en dépit d'être pauvre, de s'être fait plaquer par son mari et de vivre chez ses parents dans une banlieue sordide, fait face à ses problèmes avec une tranquillité d'esprit désarmante. Et surtout avec ce sourire toujours éclatant qui, aux yeux de Rosangela, semble refléter les feux de l'enfer. Obnubilée par cette cousine qui sourit sans arrêt à la vie, Rosangela remet tout en cause, quitte mari et enfants et tombe dans une spirale autodestructrice qui finira tragiquement.

    Après le brillant Tungstène, primé à Angoulême en 2016, Marcello Quintanilha revient avec un suspense psychologique virtuose, le portrait au scalpel d'une femme envieuse qui perd complètement pied.

  • Quelques heures

    Joel Orff

    • Ca et la
    • 17 Janvier 2020

    Bob Frank, la trentaine, habite à Minneapolis où il est chauffeur de taxi. Il reçoit un jour une carte postale d'une ancienne petite amie qui lui annonce de but en blanc qu'il est père depuis des années et que sa fille, Casey, va débarquer chez lui dans les jours qui viennent. Une fois la jeune adolescente arrivée, Bob se rend compte qu'elle est là contre son gré et que sa mère l'a obligée à s'installer quelques temps chez son père.
    Il va devoir déployer des trésors d'imagination pour amadouer sa fille. Au départ farouche, Casey va rapidement se faire à ce père nouvellement découvert, mais pour combien de temps ? Quelques heures marque le retour de l'un des premiers américains publiés par çà et là, Joel Off, auteur d'Au Fil de l'eau, publié en 2006 et de Nuits Blanches en 2007. Dans ce nouveau récit, on retrouve la narration empreinte de mélancolie caractéristique de cet artiste au registre graphique singulier et très éloigné des autres auteurs américains.

  • Pittsburgh

    Frank Santoro

    Originaire de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie) où il habite toujours, Frank Santoro tente avec ce nouveau livre de comprendre comment ses parents, divorcés depuis près de 30 ans, en sont arrivés à ne plus s'adresser la parole alors qu'ils travaillent dans le même endroit. Il retrace l'histoire compliquée de sa famille, irlandaise du côté de sa mère et italo-écossaise du côté de son père en remontant aux prémices de la relation de ses parents, mariés très jeunes en pleine guerre du Vietnam. La vie de cette famille aux relations très conflictuelles tournait autour de la petite boutique du grand-père, dans cette ancienne ville industrielle dont la population est passée de près de 700 000 habitants dans les années 1950 à tout juste 300 000 habitants de nos jours, une ville ruinée par les différentes crises économiques qui ont frappé la Rust belt américaine.

  • Deux femmes

    Song Aram

    • Ca et la
    • 12 Septembre 2018

    Dans ce récit intimiste, en grande partie autobiographique, l'autrice sudcoréenne Song Aram retrace l'amitié de deux femmes vivant entre Daegu (grande ville du sud du pays) et Séoul et qu'a priori tout sépare : leur caractère, leur rapport aux hommes, leur milieu familial... Gongju, une jeune femme plutôt réservée et originaire de la ville de Daegu, a abandonné ses études puis a travaillé comme serveuse en attendant de pouvoir trouver du travail dans la presse à Séoul. Elle et la très enjouée Hing-yeon se sont rencontrées sur Internet grâce à un blog et sont liées d'amitié une fois Gongju installée à Séoul. Après quelques années de galère à travailler comme rédactrice pour des tabloïds ou des sites de commerce, Gongiu apprend à Hong-yeon qu'elle a décidé de quitter Séoul pour retourner vivre dans sa ville natale et s'occuper de sa mère malade. Au même moment, Hong-yeon annonce à son amie qu'elle est enceinte et qu'elle va se marier alors qu'elle a toujours été contre l'idée du mariage. La vie de famille va être particulièrement éprouvante pour la jeune femme confrontée à sa belle-famille et à un mari peu bienveillant. Les deux femmes vont se suivre à travers une correspondance régulière. Les histoires délicatement intriquées de Hong-yeon et Gongju donnent un aperçu de la réalité de la société coréenne, conservatrice et patriarcale.

  • Voix de la nuit

    ,

    • Ca et la
    • 19 Septembre 2014

    Hermann Karnau est acousticien, une sorte d'archéologue des sons. La voix humaine est son obsession. En 1940, il décide d'explorer systématiquement ce phénomène et, repéré par les nazis, met son savoir-faire au service du IIIe Reich. Dans sa frénésie de prouver que la langue allemande est « quelque chose que l'on a dans le sang depuis la naissance », Karnau enregistre des centaines de voix, passant du râle des mourants sur le front russe au gargouillis de gorges ouvertes au bistouri, et procède à des expérimentations scienti-fiques afin d'obtenir la voix aryenne la plus pure.
    Sa position l'amène à fréquenter Goebbels, le ministre de la propagande nazie et plus particulièrement l'aînée de ses six enfants, Helga. En avril 1945, l'Armée Rouge est dans Berlin. Un dernier carré de notables s'enferme dans le bunker d'Hitler avec Karnau et la famille d'Helga. Les voix de l'acousticien et de l'adolescente se font écho jusqu'à la fin, quand Karnau enregistre les derniers instants des enfants assassinés.

  • Blanca sait que les fantômes n'existent pas. Ni les extraterrestres. Rien de tout ça n'existe. En revanche, ses amis sont bien réels. Eric, Sam, qu'elle n'a pas vue depuis trois ans, et Cookiefire, une youtubeuse fan de mangas à l'eau de rose. Blanca distingue très bien ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, mais il y a cet être étrange qui apparaît et que personne ne peut voir, sauf elle. Serait-ce une sorte d'avertissement ? Pour le moment, ce qui semblait devoir être un jour comme les autres s'est terminé par une nouvelle apparition mystérieuse suivie d'une découverte macabre : le cadavre d'une fille sur la plage.
    Cet événement replonge Blanca dans ses souvenirs du terrible accident qui s'est déroulé des années auparavant... Après Proches Rencontres qui abordait le thème des victimes d'enlèvements par des extraterrestres, Anabel Colazo continue d'explorer les mythes de la pop culture, dans un récit inspiré des "creepypastas" , ces légendes urbaines qui circulent sur internet. Comme dans son précédent livre, Anabel Colazo pratique les faux semblants : le dessin crayonné, les personnages aux traits enfantins et les couleurs explosives dissimulent en réalité de sombres secrets.

  • Freedom Hospital

    Hamid Sulaiman

    Freedom Hospital est la première bande dessinée de Hamid Sulaiman, artiste plasticien syrien qui a fui son pays en 2011 et trouvé refuge en France après une année dans la clandestinité. Sulaiman s'inspire d'histoires vécues par des personnes de son entourage pour raconter les débuts de la guerre en Syrie, des premières manifestations pacifiques de 2011 jusqu'aux prémices de Daech. Son récit est centré sur le Freedom Hospital, un hôpital clandestin créé par une militante pacifique, Yasmine, dans une ville imaginaire semblable à beaucoup de petites villes de province syriennes. Dans cet hôpital cohabitent avec Yasmine une dizaine de personnages, malades et soignants, reflétant la diversité de la société syrienne, un kurde, un alaouite, une journaliste franco-syrienne, des membres de l'Armée libre et un islamiste radical.
    Leurs relations vont évoluer en fonction des événements. Engagement politique, trahisons, retournements d'alliance et l'horreur de la guerre sont au coeur de l'histoire de ce groupe d'individus, pantins de l'histoire, pris dans une tourmente dont les enjeux les dépassent totalement. À travers ce terrible récit, mis en scène de façon expressionniste, avec de très forts contrastes de lumière qui noient les hommes et la ville sous un déluge d'ombres et de lumière, Hamid Sulaiman pousse un cri de rage contre la guerre, pour l'amour et la paix.

  • Avec Comment le roi a perdu sa tête, Ville Ranta, chef de file de la scène indé finlandaise, nous trimbale dans un récit complètement foutraque et surréaliste, qui n'est pas sans rappeler le cultissime Monty Python Sacré Graal. Le roi de Ville Ranta tente lui, plus humblement, de s'occuper tant bien que mal de ses trois filles adolescentes, de sa mère subclaquante, de son château qui tombe en ruine et de son amante bouffonne mais pas folle. Tout ça, sans oublier de libérer des princesses prisonnières de dragons et de chercher des réponses métaphysiques à ses nombreux problèmes existentiels.

empty