Récit autre

  • À Chamonix, la jolie Parisienne Brigitte Collonges n'était venue chercher que le soleil et le plaisir des fêtes mondaines. Or, Zian, un jeune guide dont la montagne est toute la vie, lui révèle les joies de l'exploit et la splendeur des paysages intacts... Un exaltant partage qui devient grand amour. Cependant, tandis que Zian se consacre à sa passion, Brigitte découvre la solitude et les angoisses de l'attente. Entourée de villageois hostiles, elle étouffe. Et cette montagne, qui avait su les réunir, lui apparaît comme une rivale, vouée à les séparer.

  • Abandon

    Joanna Pocock

    Parfois, tout ce que nous pouvons faire, c'est nous abandonner à nos circonstances, à nos désirs et à nos peurs, à notre besoin d'évasion, à nos échecs, à notre douleur, à notre état sauvage intérieur, à notre domestication et, de ce fait même, nous abandonner à l'essence qui est au centre de notre être. Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l'Amérique indomptée et ses paysages sauvages.
    A l'aube de la cinquantaine, l'auteure Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana. Elle observe le territoire, découvre l'imaginaire frontalier de l'Ouest américain et ses extrêmes. Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences : maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe... Consciente de ce que l'humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l'écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c'est que vivre.
    En restituant l'Amérique dans sa démesure, Abandon aide à respirer. Née à Ottawa, Joanna Pocock vit à Londres, où elle enseigne la création liittéraire. Abandon, son premier livre, est acclamé par la critique.

  • " J'ai dit au revoir à Karl ce matin. Pour toujours. Son âme et son corps ont disparu. Dans cette journée chaotique, beaucoup de monde. Trop de monde. Et puis les potes, les vrais, qui sont venus dîner ici. Programme de demain ? Presque rien. Pas envie de me coucher. Je range tout, je lave, je nettoie. Je suis comme ça, j'aime que ce soit nickel, propre, impec. Vider les cendriers, rincer les verres.
    Je ne bois pas, ne fume presque jamais, mais ce soir... " Pendant plus de vingt ans et jusqu'aux derniers instants, Sébastien Jondeau, tour à tour garde du corps, chauffeur, assistant et mannequin, a connu un destin unique aux côtés de Karl Lagerfeld. Ce livre est un album photo, une plongée dans sa vie d'avant. De la cité aux défilés, son quotidien avec Karl, dans l'ombre comme dans la gloire.

  • éparses

    Georges Didi-Huberman

    • Minuit
    • 6 Février 2020

    C'est le simple « récit-photo » d'un voyage dans les papiers du ghetto de Varsovie. La tentative pour porter, sur un corpus d'images inédites réunies clandestinement par Emanuel Ringelblum et ses camarades du groupe Oyneg Shabes entre 1939 et 1943, un premier regard.
    Images inséparables d'une archive qui compte quelque trente-cinq mille pages de récits, de statistiques, de témoignages, de poèmes, de chansons populaires, de devoirs d'enfants dans les écoles clandestines ou de lettres jetées depuis les wagons à bestiaux en route vers Treblinka... Archive du désastre, mais aussi de la survie et d'une forme très particulière de l'espérance, dans un enclos où chacun était dos au mur et d'où très peu échappèrent à la mort.
    Images de peu. Images éparses - comme tout ce qui constitue cette archive. Mais images à regarder chacune comme témoignage de la vie et de la mort quotidiennes dans le ghetto. Images sur lesquelles, jusque-là, on ne s'était pas penché. Elles reposent cependant la question du genre de savoir, ou même du style que peut assumer, devant la nature éparse de tous ces documents, une écriture de l'histoire ouverte à l'inconsolante fragilité des images

  • Mes jours et mes nuits avec Liz, Gina, Brigitte, Soraya, les altesses, les actrices et les autres....

    C'est l'histoire d'un petit journaliste qui mène la grande vie et qui ne s'est jamais couché de bonne heure. Henry-Jean Servat court après les stars, les princesses, les artistes et les célébrités. Cela dure depuis trente ans ou plus, jours et nuits. Il le fait par goût, par envie et par passion, autant par choix que par obligation. Dormant plus souvent dans les avions que dans son lit, il passe son temps, d'un continent à l'autre. Il s'est ainsi retrouvé au théâtre avec le Pape dans sa résidence d'été, à la messe avec Elizabeth Taylor, dans la piscine de Sylvester Stallone, au mariage de John Travolta, en vacances avec Zinedine Zidane, dans les coffres à bijoux du Kremlin avec Michèle Mercier, dans la chambre de Madonna, dans la grotte de Lourdes avec Robert Hossein, au Stade de France en proconsul romain lançant la course de chars de Ben-Hur, sur la plage de la Madrague avec Brigitte Bardot, dans la loge d'Isabelle Adjani, dans le corbillard du fils de Bruce Lee, dans la penderie de Jeanne Moreau, à l'ouverture d'un bal avec Gina Lollobrigida, dans le dressing de Paul Mac Cartney...
    Ce livre, récit de quelques-unes de ses aventures parmi les plus folles avec des personnages insensés, raconte une époque de grâce et de drôlerie, de rosserie et d'élégance, qui continue de fasciner les foules sentimentales.

  • Blanche est l'histoire d'une femme qui découvre un jour qu'elle est blanche dans le regard des autres. Comme elle sait très bien qu'on ne saurait réduire un être humain à la couleur de sa peau, elle s'interroge. Que signifie être Blanche dans le monde tel qu'il va ? Elle arpente l'univers des penseurs et artistes du monde noir. Elle écrit, hésitante et fragile, son chemin d'humanité. Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige un théâtre.
    En 2019, elle a publié chez Mémoire d'encrier son premier roman Débutants.

  • Il est temps d'agir

    Carola Rackete

    Carola Rackete s'adresse à nous. Nous sommes « la génération du changement ». Activiste écolo, elle invite nos sociétés à réévaluer nos valeurs et transformer notre modèle. Cette parole engagée sera d'autant plus précieuse, à l'issue de la crise du coronavirus, dans ce que l'on appelle parfois « le monde d'après ».
    Carola Rackete a 31 ans. Celle qu'on a appelé « Capitaine Courage », n'a pas hésité, quand, le 29 juin 2019, aux commandes du bateau de secours le Sea Watch III, elle a accosté à Lampedusa pour sauver 40 migrants. Matteo Salvini, alors ministre de l'Intérieur italien, avait interdit le débarquement. Carola Rackete est passée outre. Son geste a été salué en Europe et sur les réseaux sociaux. Les médias l'ont présentée comme une Antigone moderne.
    Dans ce manifeste incarné, elle nous alerte sur la planète et sur notre rôle: « Il est urgent que nous changions nos manières de faire. Fondamentalement, ce n'est pas un problème pour les humains de trouver des solutions créatives. Nous sommes une espèce très inventive ! » Il est temps d'agir, prévient-elle. De changer. Plus que jamais.

  • Kyoto, dans les années soixante-dix.
    Le récit est rédigé à la première personne : un jeune Français s'initie à la cérémonie du thé chez madame Yamamoto, la sensei (celle qui transmet son savoir et son expérience). On attend l'arrivée d'une des participantes, Shimizu-san. Son prénom, Ichie (à prononcer Itchié), évoque à la fois la « rencontre » (ichie) des deux jeunes gens autour du thé et le terme bouddhique ichigo ichie, littéralement "une fois, une rencontre", qui fait partie de la Voie du thé.
    Le sentiment entre les deux élèves de Yamamoto sensei prenant doucement naissance, Ichie dévoile au jeune homme le secret tragique de sa famille à l'occasion d'une cérémonie du thé inhabituelle.
    Dans cette histoire sans pesanteur, aussi légère que les gestes du thé et presque sans intrigue, tout est dans l'atmosphère, dans un sentiment d'étrangeté et de fascination qui emporte le lecteur, et dans la conduite d'une histoire savamment agencée. On pense au film sorti en 2020 de Tatsushi Ômori, Dans un jardin qu'on dirait éternel, et à Nuée d'oiseaux blancs, de Kawabata Yasunari. L'expérience de la diversité donne ici aux voix de l'intime les moyens de se livrer dans une narration sensible, récit de l'autre et révélateur de soi.

  • Tisser

    Raharimanana

    Récit de l'auteur malgache Raharimanana qui entremêle légendes, mythes fondateurs et réalités contemporaines. Soucieux de restituer la mémoire trop souvent trahie par les récits, l'auteur reviste les luttes de libération, les formes de résistance et d'utopie. Il met en place une cosmogonie où tout se tisse dans une diversité de voix, de perspectives poétiques et politiques, rassemblant des formes singulières d'écriture et de transmission de la parole. Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l'Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l'humanité. Point de vue de l'auteur : "Tisser", c'est le récit de la vie. La vie faite de plusieurs fibres, chaque fibre ayant sa nature, sa force, mais unie à d'autres, forme le tout, le motif, le sens, la force, la délicatesse. Tisser, c'est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d'autres pour une existence plus vaste. Tisser pour moi, c'est avoir cette hauteur de vue, prendre soin de chaque fibre, chaque fil tout en se projetant sur le tissu à réaliser. * Dans ce récit, la politique comme la poésie ont les mots comme matériaux. La politique, celle qui est au service des citoyens, la politique doit tenir compte des uns et des autres, et justement "tisser" le juste milieu. La poésie, elle, renouvelle ou ravive, toujours l'essence des mots, remet le sens et la beauté au centre des échanges. La poésie est politique car elle interroge le monde, propose une vision, bouscule sinon révolutionne le langage.

  • Rien du tout, c'est l'espace où tout s'effondre, la forme, le genre, l'être. S'ouvre le trou noir, auquel il faut revenir pour naître. Ces fragments frôlent l'extinction, débordent, fuient, rejoignent la chute, les limites. Se mêlent et se contaminent générations, itinéraires, désirs. Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. L'écrit revendique sa survie, irrécupérable, jusqu'à la fin.

  • Chaque matin, Charline réveille sa voiture et sa motivation pour se rendre chez sa «patientèle». Elle a ses chouchous, tels que ce vieux couple qui se chamaille avec affection, et des patients difficiles, comme cet homme alcoolique et violent face à qui elle se sent si vulnérable. À chacun, elle prodigue des soins et un peu plus. Un coeur attentif, qui écoute sans compter, même si ce n'est pas remboursé. Voilà ce qui rend ce métier si exposé, si dur parfois, et surtout si précieux.
    Franchissons avec Charline les portes de ces maisons habitées par la maladie, la solitude, mais aussi la joie, l'espérance, l'humour (et toutes sortes d'animaux).
    Tendres, poignantes ou cocasses, ces histoires racontent cette profession à laquelle nous confions ce que nous avons de plus intime, de plus fragile, et de plus cher : nos malades.

  • « On voit bien que ça été parfois très violent pour vous. Mais vous n'avez rien dit. Comment fait-on pour tenir ? » Au moment où la parole des femmes se libère enfin, beaucoup d'entre elles m'ont demandé de m'exprimer sur ce qu'une femme en politique subit en silence. Et de plus en plus d'hommes me disent : « Parlez pour nos filles, nos compagnes, nos soeurs. » Je me suis donc accordé ce droit de dire, et ce droit est vite devenu un devoir. La raison du silence des femmes, c'est la peur de l'humiliation. Ce fut difficile et parfois douloureux d'écrire, car il m'a fallu revivre des épreuves que j'avais rangées dans ma mémoire.
    De plus, j'ai appris de ma longue expérience des combats écologiques la ressemblance entre les violences faites aux femmes et celles faites à la nature, avec des prédateurs qui maltraitent, salissent, exploitent, trop souvent en toute impunité. Le même vocabulaire. La même loi du silence.
    S. R.

  • Plaisir des météores

    Marie Gevers

    Variations de la lumière, anecdotes, saveurs, Marie Gevers déroule en ce journal météorologique mille observations du ciel, des éléments, de la flore et de la faune dans le grand jardin de Missembourg. Les hommes y passent, à l'arrière-plan. Collectionneuse de mots pour dire tout ce qui la touche, elle s'attarde sur « azur », énumère les surnoms des plantes, cherche le « bel origan » dans un dictionnaire de botanique, prête un caractère aux arbres. Tantôt conteuse, tantôt poète, mémorialiste de Missembourg, Marie Gevers écrit Plaisir des météores en amoureuse de la vie sous toutes ses formes, traverse pour nous l'automne, retrouve les jours et les nuits de neige.

  • Les mots des autres m'ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu'à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d'écrire. Le suicide d'Alex m'a transpercée de chagrin, m'a mise aussi dans une colère folle. Parce qu'un suicide, c'est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.
    Moi, je ne voulais pas me taire.
    Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s'est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j'ai eu de l'avoir comme frère, m'a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d'être triste.
    Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »   O. L.

  • La Farine est le premier livre de Benoît Damon. Sous-titré Une confession, l'ouvrage avait retenu l'intérêt de la critique comme du public. Récit âpre et tendu des années vécues entre l'adolescence et l'âge d'homme par un narrateur « en miettes », « un pitre humilié », « une caricature de Pierrot lunaire » qui se « pique à la poudre de Perlimpinpin pour garder la forme », cette remémoration d'une jeunesse fourvoyée par on ne sait quel tour de magie noire ou blanche signalait la naissance d'un écrivain. Dans une prose creusée, lapidaire et pointue, le narrateur évoque son apprentissage de boulanger-pâtissier. Les lieux, les hommes se rappellent à lui. Et les années de formation qui bien souvent déterminent la courbe d'une vie sont ici ramenées, contenues dans de brefs chapitres arrachés au silence comme autant d'éclats tranchants. Par-delà un hypothétique lecteur futur, c'est à sa mère que Benoît Damon adressait cette confession. La rage de lire qui très tôt s'est emparée de lui, ainsi que la puissance de vie léguée par «les écrivains morts» viennent éclairer la sombre traversée. Tout à la fin, une soudaine réconciliation « de moi à moi, et de mon être au monde » alertera le narrateur sur une métamorphose en cours qu'il était loin de soupçonner...

  • Les écrits à caractère autobiographique sont extrêmement rares dans l'oeuvre du philosophe de l'École de Francfort, et d'autant plus précieux. Adorno s'y révèle, dans tous les sens du mot. Il y parle de musique, de son adolescence, de ses rencontres. Il multiplie les anecdotes à valeur sociologique. Et surtout, ces souvenirs sont littéralement incarnés car spécifiquemet reliés à un lieu. Amorbach, c'est le nom d'une ville d'Allemagne et aussi celui d'une abbaye bénédictine. Petite ville qui, par un phénomène de miroir inversé, permet à l'auteur de parler de l'Amérique, de la standardisation et, là aussi, d'industrie culturelle. L'on saisit mieux à la lecture de ces textes la genèse d'une philosophie de la radicalité.

  • Des villes cosmopolites, des véhicules volants, des habitants sous la mer ou la symphonie féerique de l'électricité... Loin des angoisses dystopiques ou totalitaires, les auteurs du XIXe siècle réinventent le futur et imaginent un avenir poétique et radieux, placé sous le signe d'un progrès triomphant.
    Cette anthologie rassemble des extraits de : Au vingt-neuvième siècle de Jules Verne, Le Vingtième Siècle et En 1965, Roman prophétique d'Albert Robida, Paris depuis ses origines jusqu'en l'an 3000 de Léo Claretie, Le Railway aérien d'Higrec, La Machine à explorer le temps d'H. G. Wells, Le Monde tel qu'il sera d'Émile Souvestre et Contes pour bibliophiles d'Octave Uzanne.

  • La vie d'Ariane aurait dû s'arrêter après la mort de Frantz. Son unique fils de dix ans décéda après un âpre combat contre la leucémie. Immergée dans une tristesse infinie, Ariane avait planifié son suicide. Mais son mari Jacques l'emmena dans une recherche spirituelle qui changea radicalement le cours de leur existence?: «?Nous devrions d'abord tenter de savoir s'il y a une vie après la mort?».
    Leurs découvertes spirituelles et leur inattendue foi en Dieu les amenèrent jusqu'en Afghanistan pour fonder Le Pélican. Ni les attentats, ni les kidnappings, ni les menaces de mort, ni les trahisons, ni même la mort de son mari n'empêcheront Ariane d'aimer ses amis hazaras. Depuis vingt ans, elle oeuvre en faveur des femmes, des enfants et des sourds-muets de Kaboul pour leur donner un espoir et un avenir. Même si chaque jour passé pourrait être le dernier.
    De Colmar à Kaboul est le récit poignant d'un parcours de vie hors du commun. Le témoignage d'une vie où l'abîme de la souffrance et du désespoir se trouve submergé par le renouveau et la lumière.

  • Cent récitations éternelles, celles de notre enfance, celles qui rythment la vie de chaque génération sur le chemin de l'école, du collège et du lycée. Au fil du temps, elles resurgissent dans nos mémoires. Vous vous souvenez ? La Biche brame au clair de lune ; La Complainte du petit cheval blanc ; La Ronde autour du monde ; Le Hareng saur, sec, sec, sec... ; La Ballade des pendus ; Que sont mes amis devenus... ; Quand vous serez bien vieille ; Heureux qui comme Ulysse ; L'Albatros ; Le Dormeur du val... Et aussi La Fontaine, Hugo, Prévert, Desnos, Queneau...
    Textes réunis par Albine Novarino-Pothier et Béatrice Mandopoulos. Un album illustré de photos noir et blanc de Michel Maïofiss.

  • Usages de faux

    Gabrielle Wittkop

    «En un périlleux acte d'équilibre, il m'a fallu trouver un moyen terme entre mon refus de n'être que le strass voulant frauduleusement imiter le diamant, et le désir de préserver "ce grain de faux qui est peut-être l'idéal d'une oeuvre".».

    On pénètre ici comme par effraction dans la bibliothèque intime de Gabrielle Wittkop où l'esprit des Lumières et du libertinage voisine avec le romantisme européen, ainsi que d'autres grands classiques et modernes admirés. Ces vingt pastiches font ressurgir certains motifs propres à son esthétique de la cruauté, dont le dernier, qui délivre un supplément inédit à son célèbre Nécrophile.

  • Une vie nous sépare

    Baptiste Antignani

    • Fayard
    • 5 Février 2020

    Dans ce récit émouvant et singulier, le jeune Baptiste Antignani nous raconte l'amitié qu'il a nouée avec Denise Holstein, une rescapée des camps de quatre-vingt-douze ans. Une amitié qui a changé sa vie.
    « Son regard malicieux, celui d'une camarade toujours prête à rire. Ses cartouches de cigarettes entassées dans un placard près des photos de famille. Ses trous de mémoire de vieille dame, sa difficulté à comprendre la souffrance des autres, pensant qu'elle n'égalera jamais la sienne. Sa manière de parler de «maman et papa» comme une adolescente qui a encore besoin d'eux pour grandir. Son inquiétude récurrente face à ma situation scolaire. Sa vision bien à elle de la politique, sa peur des rassemblements, de la colère, de la foule. Ses anecdotes heureuses dans des moments de grande tristesse. Son sourire qui efface ses larmes.
    Ce sont tous ces petits détails que je retiendrai de Denise, non pas l'image d'une survivante des camps de la mort, mais celle d'une femme à la poursuite du bonheur comme chimère. ».

    La vie du lycéen Baptiste Antignani, qui n'avait rien ressenti lors de la visite du camp d'Auschwitz avec sa classe, a été bouleversée par sa rencontre avec Denise Holstein. Il en a fait un film, Une vie nous sépare, coréalisé avec Raphaëlle Gosse-Gardet et produit par Federation Entertainment, et ce récit.

  • 8000+

    Ueli Steck

    "Le grimpeur le plus rapide du monde", "l'athlète des cimes", la "wiss Machine", les superlatifs ne manquent pas pour qualifier l'alpiniste originaire d'Emmental, et qui s'est singularisé en escaladant les plus hauts sommets, par des voies d'extrême difficulté et en un temps record. Pour son deuxième livre, Ueli Steck quitte les Alpes et nous emmène en Himalaya, au-delà de la zone de la mort. Il s'y applique à utiliser les mêmes méthodes qui lui ont permis de vaincre en solo, la face Nord de l'Eiger en 2 heures et 47 minutes. Mais les plus hautes montagnes sont rebelles et Ueli est contraint de prendre des risques : il chute de 300 mètres dans la face sud de l'Annapurna, échoue dans sa tentative de sauvetage de l'alpiniste Iñaki Ochoa et doit renoncer au pilier Ouest du Makalu noyé sous la neige.
    Mais le suisse a été à bonne école puisque sa première expérience en Himalaya s'est déroulée avec Erhard Loretan. Il se relève et gravit en solo le Gasherbum II, puis la face sud du Sisha Pangma en dix heures ! Autant d'occasions de s'interroger sur la promesse qu'il a faite à son épouse de renoncer au solo, mais aussi sur le sens de son engagement, sur le sens de la vie.

  • Salam Gaza

    Tahar Bekri

    Le 27 décembre 2008, l'armée israélienne déclare la guerre à Gaza. La tragédie palestinienne est sans fin, et de guerre en guerre la blessure se fait plus béante. Meurtri, le poète Tahar Bekri note au jour le jour son indignation, échange via Internet avec des intellectuels de toutes origines, dénonce les projets expansionnistes, l'indifférence internationale ou presque. Qu'en est-il de la conscience universelle ? Peu après, au mois de mars, il est invité à Ramallah, Naplouse, Jérusalem-Est et Bir Zeit pour un cycle de lectures.
    Confronté à la réalité de la vie en Palestine occupée, il nous restitue minutieusement son voyage, ses rencontres, ses impressions où affleurent colère et émotion. Ni stratège ni idéologue, Tahar Bekri livre ici un journal personnel, traversé de poésie, dans lequel s'esquisse une interpellation morale de l'Histoire.

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