• La rue Thiers, celle qui fut jadis, au temps des usines, l'une des plus bruyantes de Longwy, est désormais silencieuse. Dans une maison, à l'abri d'une fenêtre, protégé par le temps qui s'est écoulé, Vanoli découvre les silhouettes fantomatiques de ses camarades d'enfance dont les visages grimaçant le plonge dans son passé. C'est à un voyage dans le temps doux-amer que nous convie Vincent Vanoli. Doux parce qu'il a la saveur de l'enfance, du temps suspendu qu'étire la contemplation des escargots dans le potager.
    Doux encore, comme le "lait-lait" que l'on boit avec les copains tandis que la maison familiale avec son grenier, ses passages secrets et ses escaliers offre un terrain de jeux et d'aventures hors-pair. Un monde archaïque qui pourtant va peu à peu se craqueler et révéler son impermanence... Les relations sociales se compliquent, le cocon familial laisse apparaître des dissensions, tandis que sévit, dans le bassin lorrain, la crise de la sidérurgie.
    Vanoli en est conscient, le temps qui passe sédimente et déforme les souvenirs, estompant certaines expériences pour mieux en révéler d'autres qui s'agrègent, formant une mythologie personnelle. Avec son dessin expressionniste et texturé aux mille nuances de gris, ses personnages sautillant, Vanoli nous immerge avec un humour grotesque dans son enfance lorraine. Un récit tournoyant aux allures de songe.

  • Dans la Russie prérévolutionnaire de la fin du XIXè siècle, Simirniakov, fils, petit fils, arrière petit fils de propriétaire terrien, affronte, avec l'aide du fidèle Oboïevski, intendant et régisseur du domaine, la désobéissance narquoise et grandissante de ses serfs. La situation s'envenime quand Nounourskine, son fils, incendie une isba lors d'une nuit d'ivresse. Las des responsabilités engendrées par son statut de chef de famille et l'administration de sa propriété, il doute, fuit, aspire à la solitude et la tranquillité d'une vie simple.
    Après avoir déposé sa famille à St Petersbourg, il assiste, déguisé, à une réunion de moujiks révolutionnaires organisée par un syndicat dont il a lui-même encouragé la création. Démasqué, Simirniakov cède son domaine aux moujiks et s'exile volontairement dans la cabane de son enfance. Inquiet de sa disparition, Oboeïvski tente d'organiser une battue avec les moujiks, qui désormais affranchis, refusent.
    C'est seul lui aussi qu'il s'enfonce dans le terrible hiver russe. D'un fait historique, l'abolition du servage en Russie qui conduira à la révolution de 1917, Vanoli a conçu ce conte qui oscille entre drame et burlesque, politique et trivialité. On y croise des chansons des Beatles et des moujiks volants, un cheval qui parle, et la modernité en marche. Du très bon Vanoli, expressionniste et glacé.

  • Récit presque sans case, comme une plongée sans filet dans la vie, Rocco est un récit d'apprentissage.
    Sans case, sauf quand l'histoire est dans l'histoire, Vanoli nous narre, à la manière d'un Giotto à la fois expressionniste et chinois, les tribulations sinueuses du naïf Rocco qui, au sortir de ses études, s'en va parcourir le monde dans un Moyen-Âge de fabliaux. Chaque page est une superbe com-position articulée autour d'un chemin tortueux. Sans jamais nous faire perdre le fil, Vanoli égare son personnage en se permettant toutes les bifurcations, tous les allers-retours, toutes les digressions, les commentaires, toutes les fantaisies topographiques et temporelles. Le jeune Rocco se veut con-teur. Il apprendra d'abord à écouter avant de raconter. Pour-suivi par la peste qui nous menace tous au long de ces his-toires gigognes, de ce récit picaresque, il finira par entendre la voix de ceux qui n'ont pas la parole. Le roman d'apprentissage d'un auteur. Du très grand Vanoli !

  • Le bon endroit

    Vincent Vanoli

    Le Bon Endroit est une "histoire de Chinois" en pleine guerre, qui nous fait part des méditations du sage Tchang-Pou. Les décalages que Vanoli fait subir à ce contexte historique rendent l'ouvrage encore plus zen.

  • Objets trouvés

    Vincent Vanoli

    Objets trouvés de Vincent Vanoli est un recueil qui tend à une connivence particulière entre le lecteur et l'auteur: elle est dans l'acceptation du fait qu'il n'y a rien à expliquer finalement du maillage d'une vie, il faut au contraire se laisser aller à la rêverie. La narration de ces courtes histoires est donc ici organisée selon des événements en chaîne con-séquentiels ou elle use de feintes narratives, pour renforcer l'effet de la chute absurde du récit, correspondant volontairement à la chute réelle ou morale du personnage.

  • Un père emmène malgré lui son fils dans les territoires inconnus derrière le grand lac qui surgissent des montagnes dressées. Quand le père voit son fils emporté par un nuage de traits, le voyage d'exploration se transforme soudain en recherche effrénée, puis en fuite éperdue.

  • Échafaudant une oeuvre personnelle majeure avec autant de force que de discrétion médiatique, Vincent Vanoli est l'un de ces auteurs pour qui « édition indépendante » a vraiment un sens. Son nouveau livre, Le Passage aux escaliers, ajoute une nouvelle pierre à cet édifice hors pair. Recueil d'histoires courtes autobiographiques dans la lignée du Côté obscur du dimanche après-midi, il s'agit en revanche ici de « nouvelles » totalement inédites et composées pour ce livre. La majeure partie des histoires sont situées dans la Lorraine natale et actuelle de Vincent Vanoli. Le Tour de Mont-Saint-Martin, la plus longue histoire du recueil, est composée d'une longue promenade où l'auteur nous entraîne dans des souvenirs d'enfance d'une rare prégnance. Les souvenirs se mêlent aux épisodes contemporains, mais se mêlent aussi à des réflexions sur la condition ouvrière et à des évocations de célébrités musicales telles que Johnny Cash, Vic Godard ou Syd Barrett, sans que tout cela ne paraisse être issu de thématiques différentes. Mélancolique comme jamais, ce Passage aux escaliers confirme Vincent Vanoli comme un des auteurs les plus exigeants et importants de notre époque.

  • Vincent Vanoli, avec discrétion, impose l'une des oeuvres les plus fortes et les plus intransigeantes du paysage de la bande dessinée. Encore un cran plus loin dans l'expressionnisme paranoïaque qui est sa marque, cette Clinique, fable intemporelle sur les faux-semblants de nos sociétés, est probablement son livre le plus emblématique à ce jour. On y retrouve aussi bien l'atmosphère cauchemardesque des Contes de la désolation que le climat vosgien début de siècle de Simplismus ou de L'usine électrique. Saura-t-on si le narrateur, Monsieur Bubbendorf, était réellement malade, pour qu'on l'expédie ainsi à la Clinique ?

  • Un étrange personnage amnésique s'extirpe d'un bois sombre, une femme derrière sa fenêtre épie son retour et un vieil homme monologue sur leurs secrets communs, chacun questionnant la vie et les actes des autres. Un meurtre dissimulé, un atelier de sculpteur peuplé de fantômes, du théâtre de foire, une passion dévorante, la nuit. Voilà le décor planté pour ce nouvel ouvrage de Vincent Vanoli chez 6 Pieds sous terre. Dans une ambiance proche du cinéma expressionniste, dont il est grand adepte, Vincent Vanoli propose un polar nocturne et rétro, aux teintes blafardes et empreint de fantastique, mettant en scène une passion amoureuse et criminelle entre un inquiétant sculpteur et ses modèles. La présence, en voisin voyeur, d'un vieil homme semblant tirer les ficelles du drame qui se noue et s'exprimant à la place des amants, mimant leurs questionnements, ajoute une dimension étrange à l'atmosphère pesant sur les personnages. En creux, l'auteur nous parle de l'acte de la création, de donner la vie comme de donner la mort, de donner sa vie pour nourrir l'inspiration, comme exutoire à un quotidien morne et routinier, ou plus personne ne s'appartient.

  • Accueilli en résidence sur le parc naturel régional du Morvan à l'été 2018, Vanoli se promène librement, rencontre les gens et dessine les paysages. Il dresse un portrait sensible de cette région de France.

  • Composé de deux journaux de voyage, dans le village corse de Novella et à Hastings dans le Sussex Anglais, ce nouveau livre de Vanoli renoue avec un exercice auquel il s'était déjà confronté, notamment dans son Brighton report. La méthode est cependant nouvelle pour Vanoli, qui consiste ici en une collecte de matériaux écrits, dessinés et photographiés qui, passés au tamis de la mémoire, recomposeront un récit. Deux îles et deux journaux différents mais qui habitent le même monde : celui de Vanoli, où la matière est toujours traversée d'onirisme, où les êtres humains sont approchés avec délicatesse. "Absorber visuellement le paysage et l'oublier. Les deux à la fois".

    Un travail sur la mémoire, peuplé de récits de vieillards, de ruines, de brocantes et d'antiquaires, de retours.

  • Pour cette nouvelle Ciboulette, Vincent Vanoli a remanié de nombreux courts récits autobiographiques parus dans Lapin depuis 1994, jusqu'à en redessiner certains entièrement. Une histoire inédite complète le recueil, dans laquelle l'auteur accompagne son père dans un retour à son village natal d'Italie. Cette collection d'instantanés brumeux ou lumineux représentent une forme toute en fugacité de pratique de l'autobiographie en Bande Dessinée, et qui évoquent une véritable matière de souvenir. Un livre touchant et indispensable à tout amateur de Vanoli.

  • Quelque part dans le monde rural, après la crise de la vache folle, un petit village figé dans le temps somnole paisiblement au rythme des tournées du facteur et du Café de la Place. Et pourtant un événement extraordinaire va venir contrarier le «ron-ron» léthargique des quelques habitants de Saint-Pancréas... Un beau matin, Michel, garçon de ferme de son état, va être l'objet du plus étrange des phénomènes : comme touché par la grâce, il entre ni plus ni moins en lévitation ! Il n'en faut pas plus pour tirer de sa torpeur la bourgade endormie et déchaîner les passions de l'establishment politique, clérical et médiatique... Pendant ce temps là, dans un monde lointain où les oiseaux ne volent plus et où les hommes sont des petites créatures de compagnie qui se balancent nonchalamment sur les trapèzes miniatures de leur cages à oiseaux, Kiki, la charmante «oisillonne», décide de partir en quête de cet étrange pays où les oiseaux demeurent encore ces gracieux volatiles au vol majestueux...

  • La chasse-galerie

    Vincent Vanoli

    Onze ans après sa première publication, alors qu'il est épuisé depuis plusieurs mois, nous pouvons enfin donner à La Chasse-galerie la forme qu'il mérite : en grand format, sous couverture cartonnée au dos toilé.
    Il s'agit d'un titre que nous considérons comme une pièce majeure de notre catalogue, publié originalement en 2000. Vanoli s'est attaqué à une oeuvre fondamentale de la littérature québécoise. Ce récit d'Honoré Beaugrand, qui nous raconte comment des bûcherons retrouvent leurs blondes la veille du jour de l'An après un pacte avec le diable, est illustré d'une façon magistrale grâce au regard vierge de l'auteur et à son trait expressionniste qui rappelle l'art de l'estampe. Un classique d'un auteur incontournable du 9e art.

  • Lorsqu'il écoute The Undertones, The Ramones ou Big Star, Vincent Vanoli imagine des tranches de vie qu'il dessine en prenant soin de traduire plus ou moins fidèlement les paroles. A Brighton où il a vécu quelques temps, il a rencontré Everett True, un émule de Lester Bangs passé par la NME et le Melody Maker. Pour accompagner ses dessins, Vincent Vanoli lui a commandé quelques textes, ainsi qu'à Philippe Dumez, l'auteur de "39 ans 1/2 pour tous", et à ses amis Fabrice Voné et Calou. A leur tour, ils lui ont demandé d'illustrer leurs textes inspirés par Boney M, Thin Lizzy, Hefner ou Hole. De ces échanges, il ressort que si pour Vincent Vanoli le rock, de préférence anglais ou américain, est une source d'inspiration inépuisable, c'est aussi une formidable machine à remonter le temps et à réveiller l'adolescent qui sommeille en chacun de nous.
    Textes de CALOU, Philippe DUMEZ, Everett TRUE et Fabrice VONE

  • Sentiers battus

    Vincent Vanoli

    Un album autobiographique composé des souvenirs anciens et plus récents de Vanoli : l'été et ses promenades en solitaire, ses jeux de colonie de vacances, ses troublantes rencontres amoureuses...

empty