• L'aquarelle

    Marie-Pierre Sale

    Ouvrage de référence, L'Aquarelle étudie au fil d'une remarquable iconographie, le développement de l'aquarelle occidentale en tant que technique - singularisée par la polychromie et l'exigence de transparence -, et en tant que genre à partir de la fin du XVIIIe siècle, depuis la pratique du dessin colorié dans l'enluminure médiévale jusqu'aux lavis libres et éclatants de couleurs des artistes de l'abstraction. portée par les paysagistes, les artistes naturalistes puis les jeunes avant-gardes, elle connaît sa période d'apogée dans le dernier tiers du XIXe siècle. Vers la fin du siècle, c'est en France que s'est déplacé l'épicentre de la modernité : Johan Barthold Jongkind, Paul Cézanne et, dans une moindre mesure, Paul Signac - héritier de Delacroix - seront à l'origine des révolutions majeures pour l'histoire de l'aquarelle au XXe siècle.

  • Dessiner en plein air

    Marie-Pierre Sale

    • Lienart
    • 19 Octobre 2017

    La pratique du dessin en plein air est bien attestée en France, comme en Europe, au XVII e siècle et devient courante au XVIII e siècle.
    Au XIX e siècle, jugée indispensable à la formation des jeunes artistes, elle ne cesse d'évoluer et prend une place capitale dans l'histoire du dessin. Les expressions « sur nature », « d'après nature », « sur le vif », « sur le motif »... ont cependant une significa tion très fluctuante, incertaine, désignant aussi bien le dessin d'observation ou d'étude scientifique que le croquis d'étude, l'exercice d'élève, le relevé d'architecte, le dessin militaire, le dessin de mémoire, les notes de voyage, ou le rendu à peine esquissé d'une impression fugitive. Le dessin sur nature se défi nit progressivement comme une oeuvre en soi, une oeuvre achevée ayant sa propre justifi cation, sa propre fi nalité. Charles Daubigny peut ainsi publier, en 1861, les eaux-fortes du « Voyage en bateau » à partir de ses croquis sur le vif, relatant ses excursions sur le Botin, bateau-atelier qui lui permettait de travailler sur le motif, tout en naviguant sur la Seine et l'Oise. L'espace de l'atelier et le plein-air ne sont pas toujours des mondes distincts, et les artistes se situent souvent dans un va-et-vient entre les deux, l'oeuvre de Corot étant au coeur de cette indétermination.

  • La collection du musée d'Orsay conserve le plus important fonds de dessins existant de Jean-
    François Millet (près de six cent oeuvres). Il comporte un grand nombre de croquis, études sur
    nature, premières pensées notées d'un trait rapide sur une feuille de carnet, provenant du fonds
    d'atelier dispersé dans les ventes après décès de Millet en 1875.
    Après sa mort, certains biographes et critiques ont voulu réfuter l'idée que Millet dessinait d'après
    nature. Si Millet peignait exclusivement en atelier, il est avéré cependant qu'il faisait des croquis en
    extérieur, d'après nature, et de nombreux dessins de cette collection peuvent être identifiés
    comme tels. Cette activité s'enracinait dans son profond
    amour de la nature.
    Dans les années 1850, alors que ses tableaux sont parfois violemment critiqués au Salon, Millet
    peut compter sur un cercle d'amateurs ou de marchands qui apprécient ses dessins. Il exécute
    pour eux des oeuvres d'un réalisme poétique moins dérangeant que ses tableaux, et infléchit sa
    production vers des thèmes sentimentaux, familiaux, images d'une vie rurale humble, laborieuse et
    paisible qui trouve un écho dans une certaine nostalgie contemporaine d'une société préindustrielle,
    vivant en harmonie avec la nature.
    Les dessins de Millet montrent d'étroites relations avec l'oeuvre de ses contemporains, Honoré
    Daumier ou Théodore Rousseau, mais aussi la méditation sur l'art ancien, car l'artiste a cultivé,
    tout au long de sa carrière, la référence aux grands maîtres. Ces dessins de Millet eurent une
    grande influence sur la génération des artistes d'avant-garde qui émerge dans les années 1870-
    1880 Edgar Degas, Camille Pissarro, Georges Seurat ou Vincent Van Gogh mais aussi sur les
    tenants les plus officiels du naturalisme académique Jules Breton ou Léon Lhermitte. Cette
    descendance féconde et en apparence paradoxale reflète la complexité de son oeuvre, où se
    trouvent tout à la fois un réalisme balayant drastiquement toute convention académique, une
    idéalisation certaine liée à une recherche synthétique de la forme, portant les germes d'une
    puissante évolution esthétique, et une filiation profonde avec la tradition des grands maîtres.
    La collection de dessins du musée d'Orsay est conservée au département des Arts graphiques
    du musée du Louvre.

  • Girodet imitation d'anacreon Nouv.

  • Le carnet dit « des Pyrénées » a été classé « Trésor national » en 2003 et a été acquis par le musée du Louvre en 2004. Partiellement publié à plusieurs reprises, il fait ici l'objet pour la première fois d'un « fac-similé » reproduisant l'intégralité de ses pages. Son état de conservation - seuls deux bifeuillets en ont probablement été distraits - et son importance historique - il est, avec la correspondance de l'artiste, la seule source directe de connaissance de ce voyage, le journal étant alors interrompu-, ainsi que la beauté de ses pages aquarellées en font l'un des carnets les plus remarquables du fonds Delacroix du Louvre.
    En juillet 1845, Delacroix se rendit aux Eaux-Bonnes, petite station thermale des Pyrénées-Atlantiques, a n d'y suivre une cure prescrite par son médecin. Confronté au spectacle grandiose des montagnes surplombant la vallée d'Ossau, Delacroix s'exerce au paysage, traçant au  l des pages de rapides croquis au crayon, dont certains, repris à l'aquarelle, sont parmi les plus beaux paysages de l'artiste. Il dessine aussi à plusieurs reprises le costume traditionnel des paysans de la vallée, dans lequel il voit une forme d'archaïsme antique. De retour à Paris à la  n de l'été, il a pu voir, sur le conseil de George Sand, la tribu des indiens Ojibwas amenés en Europe par le peintre américain George Catlin avec son «Indian Gallery», d'après lesquels il a fait plusieurs pages de croquis très émouvants.
    Cette publication est accompagnée d'une étude approfondie, qui permettra de comprendre la réalité matérielle du carnet (description codicologique) et d'éclairer le contexte dans lequel l'artiste a exécuté ses dessins.

    La présente édition n'est pas un fac-similé au sens strict dans la mesure où les éléments rapportés (cachet, étiquettes, papier de couverture imitation cuir recouvrant les plats.) ne sont reproduits que par la photographie et non par collage. Néanmoins cette réalisation mettra à disposition d'un plus large public un substitut  dèle de l'album et limitera la manipulation de l'original a n d'en assurer une meilleure conservation.

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