• En attendant t'avenue est constitué d'une seule image, monumentale. Une tapisserie qui parcourt tout le livre, brodée à la plume et exécutée à main levée. Le lecteur est convié à arpenter cette ruelle sur 112 pages, dessinées et détaillées de façon obsessionnelle et annotées par l'auteur au fil de la plume (ces annotations, plus visuelles que narratives, seront conservées en l'état, de façon brute). Les motifs architecturaux sont autant d'occasion d'explorer le dessin et le trait, chaque bâtiment propose une exploration plastique différente, un vocabulaire et une écriture à chaque fois renouvelés. Comme si l'auteur voulait désapprendre ses années de formation artistique et, dans une logique qui relève presque de l'art brut, pousser le travail du trait jusque dans ses derniers retranchements, dans une constante invention graphique : all over, effets de saturation, géométries, déconstruction, mosaïques, etc. Ce travail de dessin n'en est pas moins des propositions architecturales : songeons aux constructions organiques et géologiques de Frank Gehry et d'autres déconstructivistes, qui sont au départ des croquis affranchis des lois de la technique et de la pesanteur pour aboutir, par exemple, au Musée Guggenheim à Bilbao. C'est ce que le dessin permet : l'utopie au bout de la plume.

  • Cent mètres carrés

    François Henninger

    • Warum
    • 1 Février 2007

    Un pont trop petit pour laisser passer les bateaux dessous, dans une grande capitale ou tous les immeubles se ressemblent. Un architecte qui prend des bains sur le toit des immeubles, des hôtels luxueux au milieu de nulle part qu'on détruit pour les reconstruire à l'identique. Tout un univers surréaliste ou les silences prennent plus de place que le texte et ou le blanc raconte plus que le trait qui vient juste esquisser ce que l'imagination du lecteur complète seule. Une merveille construite autour d'ellipses narratives et graphiques, d'une maturité inattendue de la part d'un tout jeune auteur.

  • Jeannot, 7 ans, a cassé sa tirelire pour s'acheter une ferme très mystérieuse où il va vivre seul désormais... Seul avec Rebecca, son oie, qui l'aidera pour les travaux et à s'occuper des animaux... Même s'il n'y a pas encore d'autres animaux, bien que Jeannot ait passé plusieurs petites annonces dans le journal. François Henninger et Lucas Méthé, bien connus des aficionados de la bande dessinée indépendante, s'offrent une escapade vers la jeunesse avec cette histoire à l'humour absurde, l'univers délibérément désuet et une intrigue parfaitement (in)soluble.
    Nouvelle corde à leur arc qui séduira autant ceux qui suivent leur travail que les jeunes lecteurs, las de fantasy et en mal de fantaisie ! Car bien des enfants se reconnaitront dans l'audace naïve de Jeannot, son caractère déterminé et ronchon, sa susceptibilité à fleur de peau. Leurs parents aussi le trouveront crédible, avec ses airs de Little Nemo en visite chez Benjamin Rabier.

  • François Henninger et Thomas Gosselin, tous deux par ailleurs auteurs complets, ont commencé ensemble ce feuilleton dans la dernière formule de la revue Lapin. Basé sur des faits historiques réels, agents doubles au sein des services secrets britanniques travaillant pour l'avènement d'une société communiste, l'intrigue et la manière de la raconter ne pourront néanmoins guère être pris comme classiques. Ces espions théorisent au-tant sur le prolétariat que sur l'homosexualité, le dessin oscille entre mini-malisme et extrême hachurage, les mises en pages sont d'une inventivité qui transforment cette fiction en prétexte. L'enjeu de cette bataille secrète devient celui de la bande dessinée dans laquelle nous sommes plongés, la désagrégation du signe correspondant à celle de l'univers connu. Que ce soit l'époque de la seconde guerre mondiale ou le monde d'aujourd'hui, Lutte des corps et chute des classes traite de la fin de l'Histoire, avec un humour et un modernisme rares.

  • Chicago Paris express Nouv.

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