Romans & Nouvelles

  • La taupe

    John Le Carré

    Londres au temps de la Guerre Froide. Il est devenu évident, sans contestation possible, que quelque part au plus haut niveau des services de renseignements britanniques se trouve un agent double : une «taupe» profondément installée dans leur texture même, depuis peut-être plusieurs décennies, par le Centre de Moscou.

    Et il est non moins évident que ce ne peut être qu'un parmi les cinq hommes : de brillants sujets, complexes, qui ont fait leurs preuves dans l'action, qui ont travaillé en étroite collaboration au long des années, qui se respectent et comptent les uns sur les autres - malgré les heurts de caractère, les différences de caste et de sensibilité, malgré l'impératif fondamental de leur profession : ne se fier à personne.

    C'est George Smiley, un des cinq, le plus brillant peut-être et le plus compliqué de tous, qui est chargé de débusquer la taupe et de la détruire.

    Peu à peu un palais d'illusion s'effondre, un mirage se dissipe. Presque avec nonchalance, à mesure que le roman s'achemine vers son stupéfiant dénouement, le Carré nous donne une vision totale du monde des services secrets. Avec, une fois encore, ce don incomparable pour évoquer les obscurs labyrinthes du monde de l'espionnage international.

    La Taupe est le premier volet de la «trilogie des Karla», l'oeuvre d'un témoin lucide et passionné de son temps, qui, mieux que bien des chroniqueurs professionnels, a eu l'art, en trois romans éblouissants d'intelligence, d'évoquer tout un pan de notre Histoire, celui de la Guerre Froide.

  • Harry Pendel, enfant illégitime d'ascendance-irlandaise, propriétaire charismatique de Pendel & Braithwaite Co., Limitada, tailleurs près de la royauté sis à Panama, est contacté un jour par le mystérieux Andrew Osnard, jeune espion sans scrupules chargé de suivre l'évolution du paysage politique, en prévision de la rétrocession par les Américains au canal de Pananma à midi le 31 décembre 1999.

    Osnard, qui sait tout du passé trouble de Pendel et de ses difficultés financières du moment, l'oblige par chantage à devenir son informateur. Qui mieux que Pendel, dans la boutique duquel défilent jour après jour tous les hommes qui comptent au Panama, pourrait en effet le renseigner sur les bruits de couloir et les rumeurs. Mais Pendel, en vrai bon tailleur au boniment bien rodé, va prendre la mesure des enjeux et, plutôt que de simplement recouper ses informations, décide de se mettre à broder, ourler rapiécer, bâtir à grands points ses rapports et finalement redessiner de pied en cap la silhouette d'un panama interlope.

    Sur la foi de ces chimères, son épouse, son meilleur ami, sa fidèle employée mais aussi les diplomates britanniques, les militaires américains et les barons de la finance et de la presse internationales vont bientôt se retrouver pris dans une énorme affaire géopolitique dont aucun ne sortira indemne.

  • Issa, jeune musulman russe affamé, arrive clandestinement à Hambourg en pleine nuit, avec autour du cou une bourse renfermant une somme substantielle d'argent liquide et les reliques d'un passé mystérieux. Annabel, jeune avocate idéaliste travaillant pour une association d'aide aux immigrés, se jure de sauver Issa de l'expulsion, au point de faire passer la survie de son client avant sa propre carrière. Tommy Brue, patron sexagénaire d'une banque anglaise en perdition sise à Hambourg, détient les clefs de l'héritage interlope du père d'Issa. Ces trois âmes innocentes forment un triangle amoureux désespéré, sur lequel vont fondre les espions de trois nations différentes, tous résolus à marquer des points pour leur camp dans la guerre avouée contre le terrorisme et la guerre inavouable entre leurs services respectifs. Peuplé de personnages inoubliables, Un homme très recherché fait la part belle à un humour caustique, tout en entretenant une tension croissante jusqu'à une scène finale poignante. Cette oeuvre pleine d'une profonde humanité, ancrée dans les turbulences de notre époque où des forces en constante mutation se percutent partout dans le monde, révèle une vision d'ensemble réfléchie, sombre, impressionnante de logique et d'acuité.

  • 2008. Le rocher de Gibraltar, joyau des colonies britanniques, est le théâtre d'une opération de contre-terrorisme menée par un commando britannique et des mercenaires américains. Nom de code : Wildlife. Objectif : enlever un acheteur d'armes djihadiste. Commanditaires : un ambitieux ministre des Affaires étrangères et son ami personnel, patron d'une société militaire privée. Kit Probyn, un diplomate candide, est sommé d'être le téléphone rouge du ministre. L'opération est si délicate que même le secrétaire particulier du ministre, Toby Bell, est tenu à l'écart.
    Trois ans plus tard, convoqué par Kit Probyn, retraité, dans son manoir de Cornouailles, et aidé par Emily, la fille de Probyn, Toby doit choisir entre sa conscience et sa loyauté de serviteur de l'État. Or si la passivité des hommes honnêtes suffit à faire triompher le mal, comment pourra-t-il garder le silence ?

  • Voilà longtemps, au Caire, Jonathan Pyne a connu et aimé Sophie. Mais à la suite d'une indiscrétion de Jonathan, elle a été assassinée, à l'instigation de Roper, trafiquant d'armes et de drogue de stature internationale. Or voilà que celui-ci ressurgit, dans le palace zurichois où Pyne est devenu directeur de nuit. Dans l'espoir de venger Sophie, Jonathan se décide à reprendre du service... A bord du Pacha de fer, véritable quartier général flottant, un nouvel amour lui donnera la force de croire encore en lui-même, alors que le désarroi des services secrets et la corruption du monde l'inciteraient à lâcher prise.
    Trafics d'armes, blanchissement des profits de la drogue, grande délinquance internationale : l'auteur mondialement connu de La Taupe et du Voyageur secret aborde ici les nouveaux dangers du monde, et bâtit autour de Jonathan, attachante figure d'idéaliste -blessé, un passionnant roman de suspense et d'amour.

    John le Carré n'a pas besoin de la guerre froide pour continuer à être un excellent écrivain... Le souffle des aventures du grand large, qui caractérise les oeuvres de ses illustres ancêtres - Stévenson ou Conrad - emplit à profusion son dernier roman. Jean-Claude Le Covec, Le Figaro Magazine.

  • Notre jeu

    John Le Carré

    • Seuil
    • 31 Janvier 1996

    A quarante-huit ans, Tim Cranmer profite d'une retraite anticipée, en compagnie de la belle et énigmatique Emma.
    En tant qu'agent secret, il a livré et gagné la bataille de la guerre froide. Mais nul n'échappe à son passé. Celui de Tim habite à proximité, en la personne de Larry Pettifer, ami et rival depuis l'école, reconverti en professeur d'université après avoir servi d'agent double à Tim pendant vingt ans.

    Soudain, Larry disparaît. En même temps qu'Emma. Ont-ils fui ensemble pour vivre leur passion ? Larry a-t-il entraîné Emma dans une de ses causes perdues ? Tim se lance à leur poursuite, découvrant aussitôt qu'il est lui-même poursuivi par ses anciens patrons. Le chasseur devient gibier. Il fouille son propre passé tel un voleur et s'enfonce dans les sables mouvants de l'étrange pacte qui lie désormais Emma et Larry. De l'Angleterre hostile en passant par les bas-fonds de Moscou. c'est au coeur du Caucase et des affrontements ethniques de l'ex-Union soviétique que la quête de Tim connaît un brutal et amer dénouement, et que sa vie retrouve du même coup un sens.

    Tout à la fois histoire d'amour, roman à suspense, satire politique d'une brûlante actualité. Notre jeu possède les qualités d'un très grand roman de John le Carré : la tension qui vous dessèche la bouche. un perpétuel sens du paradoxe. Et par-dessus tout, l'humour et l'humanité.

  • Printemps 2009. Sur l'île d'Antigua. Un oligarque russe, menacé par des rivaux avec l'appui du Kremlin, décide de livrer sa connaissance intime des circuits internationaux du recyclage de l'argent mafieux en échange de la protection des services secrets de sa Majesté et de la possibilité d'être accueilli avec sa famille en Angleterre. L'oligarque - dépeint d'une manière qui lui attire, au moins en partie, la sympathie du lecteur - mobilise à cet effet un jeune couple britannique en vacances sur l'île et destiné à le mettre en contact avec les dits services. La passion du tennis les a rapprochés. De l'île caribéenne à la finale Federer / Söderling à Roland Garros, en passant par les recoins feutrés des banques suisses et les paysages romantiques de l'Oberland bernois, la trame narrative permet à l'auteur d'exposer avec une rage contenue, à la fois l'étendue des enjeux économiques en question et la duplicité des acteurs dont le cynisme ne semble avoir d'égal que la cupidité ou la soif de pouvoir." La parole a été donnée aux hommes pour dissimuler leurs pensées ", disait Talleyrand. L'usage de la parole crée une aliénation chez les personnages. Il engendre une lutte entre les naïfs qui subissent cette aliénation et les cyniques qui l'exploitent à leur profit. La guerre est là au commencement et à la fin. Et toujours, elle broie les plus faibles.

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