Librairie Generale Francaise

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Charles Dickens David Copperfield Lorsqu'en 1850 il publie David Copperfield, Charles Dickens offre à ses lecteurs le premier roman qu'il ait écrit à la première personne, et, derrière l'histoire de son jeune héros, c'est aussi parfois la sienne qu'on peut lire. Mais ce que dessinent surtout les douloureuses premières années, le dur apprentissage de la vie dans une fabrique, puis la fuite et l'errance picaresque du jeune Copperfield, c'est un roman de formation où le personnage se fait son propre biographe. Il arrive alors qu'on ne sache pas si le réel évoqué est celui que l'enfant vécut au présent ou celui que l'adulte revisite au passé. Car, d'épreuve en épreuve, c'est une nouvelle image de soi que le narrateur peu à peu reconstruit, avant de devenir lui-même, à la fin du livre, un écrivain semblable à celui qui, dès le début, a pris la plume pour raconter sa vie - et nous offrir ce qui est encore aujourd'hui le plus grand roman anglais du xixe siècle.

    Edition de Laurent Bury et Jean-Pierre Naugrette.

  • Olivier Twist (1838) est un feuilleton criminel d'une noirceur concentrée.
    Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l'Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L'apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n'oubliera guère, après les avoir croisés, ni l'abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront les Misérables de Victor Hugo.
    Créations de l'imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l'enfance ? Peut-être. Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la Réalité.
    « Il n'y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l'enfance et le tableau de l'usine par Karl Marx », remarque d'ailleurs Alain.
    Et Dickens de préciser sa pensée :
    « Je voudrais, que quelque philosophe bien nourri, chez qui la bonne chère n'engendre que de la bile, de ces philanthropes au sang glacé, au c½ur de fer, eût pu voir Olivier Twist se jeter sur ces restes dont le chien n'avait pas voulu, et contempler l'affreuse avidité avec laquelle il déchirait et avalait les morceaux. Il n'y a qu'une chose que je préférerais, à cela, ce serait de voir le philosophe faire le même repas et avec le même plaisir.
    Il faut s'en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d'Oliver Twist.

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  • Ecrit à la suite d'un voyage à Manchester, où Charles Dickens, visionnaire au grand coeur, avait défendu l'éducation comme moyen de lutte contre la pauvreté, Un chant de Noël préfigure les premières réformes pour humaniser le travail dans l'Angleterre industrielle de la reine Victoria. L'histoire de Scrooge, vieil avare grincheux et solitaire que trois fantômes vont convertir, la nuit de Noël, à la gentillesse et à la bonne humeur, continue de séduire petits et grands depuis sa parution en 1843. Drôle et émouvant à la fois, ce conte renoue pour notre plus grand plaisir avec le mythe du paradis terrestre.

  • Elevé, à la mort de ses parents, par le redoutable dragon domestique que le Ciel lui a donné pour soeur, Pip ( Philip Pirrip ) semble promis à l'existence obscure d'un jeune villageois sans fortune. C'est compter sans la bienveillance des divinités tutélaires qui veillent sur son enfance. Car Pip a le privilège de vivre au milieu de créatures singulières dont l'existence seule accrédite la croyance au miracle : il y a tout d'abord le sourire débonnaire, l'amitié protectrice et complice de son beau-frère, le forgeron Joe Gargery, puis la rencontre terrifiante mais bientôt miraculeuse d'Abel Magwitch, forçat au grand coeur, émule de Jean Valjean, qui saura lui rendre au centuple son modeste bienfait. Mais il y a surtout la pittoresque Miss Havisham et son éblouissante protégée, Estella. Estella au nom prédestiné, dont la froide et fascinante beauté exalte et désespère tout à la fois le jeune Pip : « J'ai regardé les étoiles et j'ai pensé que ce serait affreux pour un homme en train de mourir de soif de tourner son visage vers elles et de ne trouver ni secours ni pitié dans cette multitude scintillante. »    Car les « grandes espérances » qui portent le jeune Pip ne sont pas les aspirations prosaïques de l'Angleterre victorienne, sa recherche du confort ou de la respectabilité, mais bien les puissances du rêve qui nous font chercher le bonheur au-delà de la Sagesse.

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