Littérature générale

  • Après L'Espace d'un an et Libration, Archives de l'exode est le troisième volume de la série du « Voyageur » . Des romans qui se lisent indépendamment.

    Les derniers humains ont fui la Terre voici des générations, et un jour la Flotte d'exode a atteint son but : trouver un nouveau foyer pour l'humanité. Mais, au fil des siècles, la flotte est elle-même devenue une patrie, et certains ont décidé d'y rester. Une culture, des traditions, dont d'ailleurs les plus jeunes aspirent parfois à se libérer ; ils rêvent de planètes comme leurs aïeux rêvaient d'espace.
    Les habitants y recyclent tout, des moteurs aux cadavres de leurs proches. Après un accident à bord, certains commencent à craindre que la Flotte ne soit pas éternelle.
    Une ethnologue à tentacules, un homme qui rêve d'intégrer la Flotte, un adolescent qui rêve de la quit- ter, une archiviste vieillissante qui a connu l'époque où les Humains étaient des parias, une soignante solitaire qui prend soin des morts, et Tessa, soeur d'Ashby, le capitaine humaniste de L'Espace d'un an : autant de voix qui, humaines ou non, nous racontent le senti- ment d'appartenance à un groupe, le besoin central de trouver une place, dans la galaxie ou dans les coeurs.
    Des gens ordinaires ; des vies ordinaires : uniques et précieuses.
    Becky Chambers nous propose un roman cha- leureux et plein d'une sagesse tendre ; la souffrance existe, la peur et la violence, mais le texte palpite tou- jours d'une confiance délibérée.
    À quoi sert un vaisseau quand on peut s'installer sur une planète et s'intégrer à la culture du melting-pot galactique ? Pourquoi rester ? À quoi sert une identité, une culture ? Qui est-on lorsqu'on va ailleurs ?
    ISBN 979103600218 - 384 p. - 21,90 € Illustration : Clémence Haller / EN COURS Traduction : Marie Surgers

  • Face à la morosité des avenirs que nous annoncent les discours politiques et que les dystopies traitent avec simplisme, voire à échelle industrielle, certains auteurs choisissent une autre voie, tel Neal Stephenson qui avait lancé en 2012 un appel : il faut écrire de la science-fiction positive ! La science-fiction positive fait l'archéologie de ces futurs où l'humanité a évolué vers plus de paix, plus d'harmonie. Pour faire un bon roman, il faut un grain de sable.
    Pour faire de la bonne science-fiction, il faut une technologie qui a évolué. Mais ces romans nous donnent l'espoir que le monde peut suivre un cours meilleur que celui qu'on semble nous promettre. L'oeuvre du grand écrivain français de science-fiction Roland C. Wagner dans son ensemble s'est fait fort d'appliquer ce principe narratif.

    Lovelace, intelligence artificielle née à bord du Voyageur à la fin de L'Espace d'un an, accepte de se transférer à bord d'un corps synthétique.
    Devenir humaine, une chance ?
    À ses côtés, Poivre, mécano, l'aide de son mieux.
    Ancienne enfant esclave libérée par miracle, grandie seule sur une planète ravagée, elle aussi a dû lutter pour accéder pleinement à l'humanité et se construire une vie, sinon ordinaire, du moins normale.
    Libration - nom d'un point de l'espace en équi- libre entre deux astres, zone de stabilité mouvante qui accompagne les planètes dans leur danse - raconte l'histoire de ces deux femmes. Chacune à sa façon s'arrache à une vie liminale pour se tailler une identité, conquérir l'indispensable : la dignité.
    Becky Chambers, au lieu de prolonger l'histoire des personnages du précédent roman, l'élargit.
    Sa tendresse et sa lucidité nous offrent des pages déchirantes, et un chant d'amour plein de confiance et de courage.

empty