Liana Levi

  • Des documents enfouis dans un fauteuil pendant soixante-dix ans peuvent transformer un historien en détective, a fortiori s'ils sont estampillés de la croix gammée. Le nazisme est un sujet que Daniel Lee connaît bien, pourtant le nom du propriétaire de ces papiers lui est inconnu. Lorsqu'il décide de retracer son itinéraire, il découvre qu'il s'agit d'un officier SS qui, dans les années 1930, a exercé comme juriste a` l'hôtel Silber, quartier général de la Gestapo a` Stuttgart. Au fil des recherches, l'univers familial de l'inconnu s'esquisse: la branche paternelle qui a vécu pendant plusieurs générations a` La Nouvelle- Orléans dans un climat de haine raciale, les parents qui ont reconstitue´ a` Stuttgart une villa digne de la Louisiane, la femme déclarée «apte» au mariage par la SS et les deux filles qui ignorent tout du passe´ de leur père. Peu a` peu se dessine le parcours de l'officier qui a sillonne´ la France et ensuite l'Ukraine au sein de la Wehrmacht. Son rôle et sa responsabilité dans la machine criminelle du Troisième Reich se précisent dans cette étonnante chronique du quotidien d'un «nazi ordinaire». Une quête acharnée de la vérité qui est aussi un puissant révélateur des non-dits et des silences familiaux du narrateur.

  • Au XVI e siècle, Venise est une ville de 150 000 habitants, nettement cosmopolite. La communauté juive y est présente depuis des siècles, soumise à certaines époques à des restrictions de résidence, mais en règle générale libre de choisir son lieu d'habitation. Pourtant, le 29 mars 1516, le gouvernement décide de l'isoler du corps citadin. Les Juifs des différents quartiers de la ville doivent se regrouper dans le « Geto Nuovo », situé à Cannaregio. Le lieu est encerclé par des canaux. Deux portes, ouvertes le matin et refermées le soir à minuit par quatre gardiens chrétiens, donnent accès au quartier. Les habitants peuvent sortir dans la journée pour exercer leurs professions, mais la nuit seuls les médecins sont autorisés à le faire afin de soigner les patients hors les murs. Il s'agit là du premier « ghetto » dans l'histoire. À l'origine le terme de « geto » est celui d'un lieu-dit, mais ce nom sera dès lors associé au quartier juif vénitien, puis à tous les lieux de ségrégation.
    À l'occasion du 500 e anniversaire de cette création, nous publions l'histoire de ce lieu clos, depuis son institution jusqu'au processus d'assimilation, dans une approche qui englobe la ville dans son ensemble : maisons, espaces publics, marchés, etc. Ce livre met en lumière les relations qui, malgré la réglementation, existaient bien avec le reste de la société civile (magistrature, corporations, autres minorités) et avec le monde méditerranéen et d'autres États européens.

  • Décembre 2008 : une pétition turque demande pardon aux Arméniens pour la « Grande catastrophe », alias le Génocide de 1915. Le mois suivant, une soixantaine d'Arméniens, français et canadiens répondent :
    « Merci aux citoyens turcs ». Pour la première fois, les « ennemis » abordent ce sujet tabou. Et c'est pour donner corps et profondeur à cette amorce de dialogue que ce livre a été conçu. Face à face, Ahmet Insel, l'un des signataires de la pétition turque, et Michel Marian, l'un des initiateurs de la réponse arménienne. Le livre est une conversation entre deux hommes, un Turc et un Arménien, sur le passé, le présent et l'avenir. À travers leurs parcours, personnel et familial, seront évoqués les grands événements qui ont jalonné l'histoire de ces deux peuples, avec en point d'orgue le génocide de 1915 et la question de sa reconnaissance.

  • En ce temps-là, les Juifs rêvaient d'une terre à eux et obtenaient des promesses de lord Balfour. Weizmann faisait du lobbying de part et d'autre de la Méditerranée. Lawrence d'Arabie poussait les Arabes à se révolter contre l'Empire ottoman qui s'effritait. Allenby s'emparait de Jérusalem, la ville de toutes les intrigues. Le mufti posait une des premières pierres de l'université hébraïque sur le mont Scopus quelques années avant de rencontrer Hitler. C'étaient les années britanniques sur une terre deux fois promise qui ne s'appelait pas encore Israël...

  • Quatrième de couverture Le "silence" de Pie XII lors de la Shoah et son attitude vis-à-vis des nazis est l'objet de polémiques récurrentes. Pour la première fois, un chercheur américain trouve la distance nécessaire pour écrire l'histoire non seulement du Vatican, mais des cercles européens qui constituent l'Église' catholique des années trente à Vatican II. Brisant la vision "tout-blanc-tout-noir" de l'Église durant cette période, il la remplace par une analyse tout en nuances, mais sans indulgence.

  • En France, Dieu et Dieu font...
    Quatre. Quatre grandes religions - christianisme, islam, judaïsme, bouddhisme - trop souvent entourées de confusion et d'ignorance alors que notre histoire et notre culture en sont profondément marquées. Ce petit guide propose quelques réponses aux questions que chacun se pose inévitablement un jour ou l'autre. Histoires, fêtes et coutumes sont racontées et comparées. Pour comprendre, en toute laïcité.

  • Ce qui fait un homme ? Beaucoup, beaucoup d'efforts...
    Pourtant, ce long cheminement est un parcours ignoré par les sciences humaines. En refusant l'approche des études féministes qui ne veulent voir la masculinité qu'à travers le spectre du machisme, Franco La Cecla donne à l'identité masculine sa vraie dimension culturelle. " Est-ce mal de dire que grandir comme un petit garçon signifie apprendre, par des signes extérieurs et intérieurs, que quelque chose se développe en soi qui prend corps, qui se forme, qui, sous le regard d'autres hommes ou d'autres femmes, devient un corps masculin [...] Je me " découvre " homme, avec tout l'embarras, l'incompétence, le découragement et la crânerie que cela implique.
    "

  • Paris, dites-vous ? Lequel ? Le Paris de Napoléon III qui s'érige orgueilleux sur les avenues haussmanniennes ? Le Paris du Moyen Âge qui se niche, modeste, dans les rues étroites de la rive gauche et du Marais ? Paris capitale demeure et ses visages se multiplient au fil des siècles.
    Le parti pris de l'ouvrage est un itinéraire de découvertes des bâtiments qui ont marqué leur temps. Dix promenades réalisables à travers les Paris gallo-romain, médiéval, Renaissance, Bourbon, révolutionnaire, napoléonien, 1900, 1930, de l'après-guerre, et des artistes, qui se cachent dans le tissu composite de la ville.

  • Deux peuples, deux récits.
    En temps de guerre, les nations racontent l'histoire d'un seul point de vue - le leur -, le seul considéré comme " juste ". Les héros des uns sont les monstres des autres. L'histoire, les droits et la culture de " l'ennemi " sont niés. Le conflit israélo-palestinien ne déroge pas à la règle. Ainsi, la guerre de 1948 est appelée " la guerre d'Indépendance " par les Israéliens et " la Catastrophe " par les Palestiniens.
    Six professeurs d'histoire palestiniens et six professeurs d'histoire israéliens ont décidé d'écrire un livre qui réunisse l'histoire côté Palestiniens et côté Israéliens autour de trois dates clés - la déclaration Balfour de 1917, la guerre de 1948 et la première Intifada de 1987. Le texte arabe a ensuite été traduit en hébreu, et réciproquement. Utilisé depuis décembre 2002 dans de nombreux lycées d'Israël et de Palestine, cet ouvrage constitue un défi et, nous l'espérons, un pas vers la paix.
    Prime (Peace Research Institute in the Middle East), qui est à l'origine de cet ouvrage, est une ONG fondée par des professeurs d'université israéliens et palestiniens avec l'aide de l'Institut de recherche sur la paix de Francfort.

  • Ces textes évoquent d'abord l'état de désolation dans lequel Roth, à la fin de la Première Guerre mondiale, retrouva Vienne. Et, malgré l'adversité, Vienne ne se départit pas de sa légendaire joie de vivre. Dans les scènes de la vie
    quotidienne, dans les portraits de gens de la rue, l'esprit viennois subsiste malgré la misère. Mais avec la montée du nazisme, l'Autriche vit un autre drame : l'assassinat de Dolfuss d'abord (raconté comme un rêve, en un très beau récit dramatique), puis l'Anschluss. On voit ainsi l'Histoire se développer au jour le jour, à travers la vie de chacun, avec une force de présence et une richesse de détails que les reconstitutions les plus fidèles ne pourraient guère posséder.

  • Après La médecine au temps des Pharaons, Bruno Halioua nous fait découvrir un nouveau pan de la pratique médicale dans l'Antiquité : la médecine au temps des Hébreux.
    Au coeur des principales voies de communications de l'Antiquité unissant l'Afrique à l'Asie et l'Asie à la Grèce, les Hébreux ont rassemblé et mobilisé toute une série de connaissances sur le plan médical. Mais entre les mages de Babylone et les sounou de Thèbes, quelle place occupaient les médecins ? Depuis les règles d'hygiène jusqu'aux actes chirurgicaux comme la trépanation, ou encore l'expertise auprès des tribunaux, les compétences du médecin étaient au centre de la vie quotidienne, et celui-ci jouissait d'un prestige considérable. Quelle était sa formation ? À quels types de problèmes de santé était-il confronté, notamment dans les pathologies liées aux différents métiers de l'époque ? Que savait-il de l'anatomie ? C'est grâce à une étude très précise de la Bible et du Talmud, ainsi que des rares textes ayant abordé le sujet, que Bruno Halioua répond à toutes ces questions, dans un essai qui passionnera bien au-delà des cercles médicaux.

  • Simon Wiesenthal.
    Alias Wizi, Théocrate, Monsieur l'ingénieur, Izmir, Ovid. Avec son éternelle veste en tweed et son air bonhomme, le célèbre chasseur de nazis a mené une traque sans merci aux tortionnaires, armé seulement de vieux journaux, de fiches poussiéreuses et d'annuaires jaunis du monde entier. Avec un grand sens des relations publiques, il a obligé tous ceux qui voulaient passer l'éponge à se pencher sur le devenir des Eichmann, Bormann, Murer et autres criminels de guerre.
    Plus il paraissait menaçant, plus on lui envoyait d'informations du monde entier sur tel ou tel bourreau. Et inlassable, il se remettait à la tâche. Si parfois les services secrets entraient en scène c'est parce que son acharnement les y forçait. Sa soif de justice permit des dizaines d'arrestations rocambolesques et de procès retentissants, mais fit aussi de lui un homme détesté et contesté. Toutes les questions éthiques épineuses du siècle étaient au centre de son aventure : responsabilité, châtiment, définition du génocide...
    Tom Segev nous livre une biographie aussi captivante qu'un thriller qui met en perspective la seconde moitié du XXe siècle: guerre froide, espionnage, inavouables complicités, cynisme politique...

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