Invenit

  • Le feu

    Henri Barbusse

    • Invenit
    • 16 Juin 2009

    Les années 1915 et 1916 ont marqué, pour Henri Barbusse, des dates décisives. C'est en 1915 qu'il a vécu Le Feu dans les tranchées du Soissonnais, de l'Argonne et de l'Artois, comme soldat d'escouade, puis comme brancardier au 231e régiment d'infanterie où à s'était engagé. C'est en 1916, au cours de son évacuation dans les hôpitaux, qu'il a écrit son livre. Celui-ci, publié par les Editions Flammarion à la fin de novembre, remportera aussitôt après le prix Goncourt. Le Feu est considéré depuis près de trois quarts de siècle dans le monde entier comme un des chefs-d'oeuvre de la littérature de guerre, un des témoignages les plus vrais et les plus pathétiques des combattants de première ligne. Témoignage impérissable aussi : Le Feu, traduit dans la plupart des langues, continue de susciter chez les jeunes un immense intérêt. Le Feu est suivi du Carnet de guerre qui permet de remonter aux sources mêmes de la création du roman épique d'Henri Barbusse.

  • Nos mondes sauvages Nouv.

    Nos mondes sauvages

    Collectif

    • Invenit
    • 10 Septembre 2021

    Dans le cadre de son 20e anniversaire, l'association Colères du présent a imaginé avec les éditions invenit une opération unique pour prolonger les débats et les propositions artistiques et littéraires qui fourmillent tous les ans au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras.
    Au fil des cinq chapitres - repousser, rencontrer, éprouver, sauvegarder, coopérer - le mook Nos mondes sauvages invite à repenser nos mondes à la lumière d'une notion polysémique et fondamentale dans l'histoire de la pensée, pure création culturelle :
    Le sauvage.
    Que reste-t-il encore aujourd'hui du monde sauvage tel qu'on l'a perçu et façonné pendant des siècles ? Des forêts de nuages et du bison d'Europe ? Que dit de nous et de nos sociétés contemporaines cette vision biaisée par nos imaginaires occidentaux ? Se pourrait-il que le sauvage soit en réalité enterré, travesti, en nous-même et dans nos rapports sociaux ?
    En associant artistes, auteurs et autrices de toute discipline (fiction, essai, poésie, photographie, illustration, bande dessinée), dont Guillaume Logé, Derf Backderf ou encore Panda Diouf, Nos mondes sauvages entend bien questionner cette notion plurielle.
    Une notion qui, longtemps réduite à l'alterité, nous pousse à l'introspection et nous confronte, collectivement, aux limites sociales, écologiques et économiques de notre époque.

  • Défense de s'afficher en public Nouv.

  • N'aie pas peur. jamais

    Baptiste Beaulieu

    • Invenit
    • 6 Novembre 2020

    Quelle simplicité en apparence que la poésie de Baptiste Beaulieu. Des mots pour chacun, des conseils en forme de mantras, une parole offerte et des pistes pour atteindre à une harmonie personnelle. En racontant l'autre, le poète se raconte. Il explore le mystère de la parole, du doute, de l'usurpation, de la fraternité... Un coeur qui s'ouvre, c'est un honnête homme en train de naître.
    On y retrouve tout ce qui a fait le succès de ses romans : une grande humanité, de la bienveillance, une mélancolie maitrisée, et une réflexion autour de la condition humaine, de la maladie, de la solitude et des chemins que trace, à l'aube, le soleil. Tout le recueil s'adresse directement au lecteur et tente de répondre avec lui à cette éternelle question : « Faut-il jamais avoir peur ? ».
    Ses inspirations sont nombreuses, variées, et vont de son quotidien de médecin généraliste jusqu'à Prévert ou Pessoa.

  • Un homme de feu raconte les autres hommes. Ses proches, ses disparus, ses passant majuscules, ses modèles simples, ses héros. Il raconte aussi des brins de vies, minuscules et fugaces, éternels et vivifiants comme un souvenir. Des hommages et des souvenirs qui prennent vie et se mettent à rire. Des traces de vivant. « Clip de quelques secondes » , Polaroïd de mots, croquis qui se mettent à bouger. Tout l'art de Cali est ici : une enfant joue, un grand père boxe, un aîné apparait, un chanteur prend la parole. Cali écrit comme on filmerait en 16 mm, avec du tremblé, du grain et du coeur. Conversations capturées, bouts de nuits et de promesse, mots d'amour sur un fil et caresses à la dérobée. Conteur du minuscule à la manière d'un Richard Brautigan qu'il vénère, l'homme est tout entier poète : en équilibre, sincère, et toujours à fleur de peau, dans une irrévérence bienveillante, debout les bras ouverts. Ça respire la peine qui prend le temps de sourire, les éclats de rire les soir de pluie, la promesse de l'amitié et la beauté qui danse sur les pores de la peau.

  • Dialogue avec Rothko

    Carolyn Carlson

    • Invenit
    • 14 Septembre 2020

    "Ce serait bien qu'on puisse construire partout dans les pays des lieux, des sortes de petites chapelles, dans lesquelles un voyageur ou un promeneur puisse méditer longuement sur un unique tableau accroché dans une petite salle" (Mark Rothko):
    Nul autre artiste ne rejoint aussi naturellement l'ambition de la collection Ekphrasis. En regard de cette fusion sensorielle entre l'oeuvre et celui qui la reçoit, la chorégraphe et danseuse Carolyn Carlson s'impose naturellement, elle qui préfère au terme "chorégraphie" celui de poésie visuelle.

  • Un jour, il me demande si je peux l'aider à trouver la recette d'une peinture bleue lumineuse, veloutée et surtout dont l'aspect serait durable. Il avait tout essayé pour lier le pigment bleu outremer 1311 qu'il m'achetait : la colle de peau, l'huile de lin, la caséine? sans obtenir l'effet recherché.

  • En 1982, Edouard Pignon accueille un visiteur dans son atelier pour le laisser contempler un tableau qu'il a réalisé trente ans plus tôt : L'Ouvrier mort, son "Guernica" comme le disait son ami Picasso. Un visiteur fasciné par cette scène sinistre et pourtant saisissante, à l'odeur de poussière. Sur la toile, encerclé de figures douloureuses, gît un homme des mines. De cette rencontre fictive imaginée par Yannick Kujawa naît une confession intense et intime, à la fois esthétique et politique.
    Le peintre, enfant des mines, nous fait toucher du doigt les grands mouvements sociaux qui ont animé le bassin minier du nord de la France, jusqu'à parfois s'emparer du pays tout entier. Il nous livre les clés de sa pratique artistique et de ses puissantes scènes sociales : des oeuvres comme "une gueule, un gosier d'huile et de couleurs" . Chez Pignon, peindre n'est qu'une autre manière de vivre. Vivre en résistance.
    Sentir et explorer l'existence dans toute sa matière. Pour que quelque chose se libère, s'anime, et se soulève avec dignité.

  • On connaît tous le début de la chanson de Boris Vian, « Le Déserteur ». Mais on ne connaît guère son histoire, celle d'un morceau de musique et de quelques paroles qui allaient diviser la France et bouleverser le destin de Boris Vian.
    Marc Dufaud a enquêté sur la création de cette chanson, l'une des plus connues au monde. Il nous raconte comment, en pleine guerre d'Algérie, Boris Vian forcera sa nature jusqu'à venir interpréter sur scène son brûlot pacifiste à travers un pays alors poujadiste. Hué, chahuté, cible d'attaques, Vian n'énonçait pas, il dénonçait. Au lance-flamme. Sourire narquois en coin. Sous prétexte de nous raconter l'histoire d'un texte mythique, l'auteur nous raconte de manière vivante et « swing » Boris Vian, le jazz, Paris et la province d'alors, et, surtout, l'engagement d'une époque où la chanson était encore une arme de contestation massive.

  • Renouant avec la tradition des cabinets de curiosités, cet ouvrage richement illustré met en valeur l'éclectisme des collections accumulées au fil du temps par l'Université de Lille. Une cage de Faraday, un marteau d'eau, un graphomètre à pinnules, un ornithorynque naturalisé, un crâne et un coeur humains éclatés, ou encore un antique papyrus... Qu'ont donc en commun tous ces objets, sinon qu'ils ont été réunis là par l'insatiable curiosité qui anime professeur·e·s et chercheurs/chercheuses depuis le milieu du XIXe siècle.
    Au travers de ses sept chapitres, le livre brosse également le portrait de lieux et de grandes figures qui ont marqué l'histoire de l'Université, comme Louis Pasteur ou Albert Calmette. Et puisque ces objets peuvent facilement constituer par leur caractère parfois insolite une invitation à l'imagination littéraire, sept écrivain·e·s proposent dans ces pages un contrepoint non dénué de souffle et de fantaisie.
    C'est à un regard rétrospectif que le·la lecteur·rice est convié·e au fil de cet ouvrage. Mais c'est aussi un viatique qui lui est offert ici pour continuer à cheminer dans les turbulences du monde et garder confiance dans la science et dans les femmes et les hommes qui la font.

  • Après l'acquisition par la Ville de Soissons des toiles commandées à Lucien Jonas en 1928 pour le décor de la salle des fêtes de l'Hôtel de la Croix d'Or, des compositions inspirées par le monde de Watteau (originaire, comme Jonas, des environs de Valenciennes) et celui de Molière, les musées rendent hommage au peintre et à la folle décennie 1920 au travers d'un événement centré sur trois aspects de sa production : la conception et la réalisation de grands décors, de leur genèse à leur réalisation ; la confrontation répétée avec le monde des mineurs et la réalité des paysages industriels du Nord ; l'observation et la description de son cercle familial, au gré des séjours de villégiature sur le littoral normand et breton. Cet ouvrage, édité à l'occasion de l'exposition présentée à l'Arsenal de Saint-Jean-des-Vignes, révèle les différentes facettes de l'oeuvre d'un artiste qui, pour n'être pas moderne dans sa facture, n'en est pas moins un peintre et un dessinateur virtuose.

  • Né dans une famille de tailleurs de pierre de la région belge de Soignies, Eugène Dodeigne apprend le métier dès l'âge de treize ans auprès de son père marbrier. De précoces dispositions le conduisent à l'école des Beaux-Arts de Tourcoing puis à celle de Paris. A la fin des années 1960, sa notoriété devient internationale : Belgique, Pays-Bas ou Allemagne accueillent ses sculptures, comme bientôt de nombreux lieux publics et parcs de musées à travers le monde.
    Ses pierres de Soignies parviennent à une grandeur monumentale dans des formes arrachées à la matière et qui disent l'Homme et la condition humaine. Déplaçant dans une modernité flagrante et singulière la leçon de Rodin et la silhouette inspirante de l'Homme qui marche, Eugène Dodeigne apparaît avec ses outils, sa vigueur, sa volonté farouche et son humanisme, comme un véritable emblème de la sculpture de notre temps, définitivement comme l'Homme qui sculpte.

  • Norman Dilworth Nouv.

    Norman Dilworth

    Norman Dilworth

    • Invenit
    • 10 Septembre 2021

    Au premier coup d'oeil : les sculptures de Dilworth se ramifient, rampent dans la pièce, décrivent des spirales dans différentes directions, croissent sur le mur comme des cristaux. Ses oeuvres décrivent toujours un espace multidimensionnel, visuel, dynamique, elles dépassent les trois dimensions de leur système. L'oeuvre de Dilworth explore l'espace à l'infini.

  • Publié en 2013 par les Éditions Circe (Barcelone) est le fruit de plus de vingt ans de travail de Victoria Combalía sur la photographe, compagne de Picasso, femme de talent au caractère passionné, mélancolique et fantasque mais aussi très humaine et pleine d´humour. Elle avait été l'amante de Picasso entre 1936 et 1943, avait photographié Guernica et avait été le modèle exceptionnel de la série La femme qui pleure du peintre de Malaga.
    Dora Maar était fille d'un père yougoslave et d'une mère française mais avait été élevée en Argentine. Elle a tourné le dos à ses origines bourgeoises en devenant une militante politique de gauche, membre du groupe Contre-Attaque et amoureuse du philosophe et révolutionnaire Georges Bataille. En tant que membre du groupe surréaliste, Paul Eluard la présente à Picasso. Dans une scène célèbre au café Les Deux Magots, Dora le séduit en jouant d'un couteau entre ses doigts et ses longs ongles peints en rouge. Avec lui, elle vécu une passion tumultueuse, et mis en sourdine son activité créatrice. Elle devient sa muse, mille fois dépeinte dans sa beauté, mais surtout comme un masque souffrant et tourmenté. Abandonnée par l'artiste, elle se réfugie dans la religion et la peinture, vivant isolée dans son appartement parisien et dans sa maison de Ménerbes, dans le sud de la France. Dora Maar est décédée en 1997, laissant derrière elle une aura mystèrieuse. Victoria Combalía a eu le rare privilège de pouvoir parler longuement avec Dora Maar en 1994 et d'organiser une première rétrospective de son travail photographique et pictural en 1995. L'ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la vie de Dora Maar grâce aux documents inédits mis à disposition par ses héritiers et à leur reproduction.
    Victoria Combalià est contributrice de l'exposition rétrospective présentée au MNAM/Centre Georges Pompidou du 5 juin 2019 au 29 juillet 2019.

  • Marie-Hélène Lafon a les gestes et l'odeur des brulis dans le corps et sous la peau pour toujours ; ça remonte des enfances et du pays premier. À partir du tableau silencieux de Jean-François Millet conservé au musée du Louvre, Brûleuse d'herbes, elle nous entraine dans une histoire qui sent la fumée des brulis de mars, ou d'octobre. Une femme se tait. Une femme se tient. Elle attend. Que regarde-telle ? Que voit-elle ? Son corps est au repos, un moment, avant de se pencher, de saisir la fourche, et d'attiser le feu d'herbes. Elle arrête le spectateur, parce qu'elle est arrêtée, elle a suspendu le temps, elle s'enfonce dans les volutes de la fumée, et en elle-même, peut-être, dans les méandres de sa vie, dans les plis que font les vies, dans les plis du temps qui passe sur les corps et mange les années.
    L'auteur imagine des vies pour cette brûleuse « esseulée » ;
    Le tableau devient dès lors un départ de pistes sur les traces de la Félicité d'Un coeur simple et de sa vie dans les fermes avant Madame Aubain ; ne se refusant pas à regarder du côté de l'antique, entre Vestale et Pythie ; ou d'une champêtre Marie de l'Annonciation, qui balancerait entre résignation et révolte, oraison et jacquerie ; les ailes diaprées de l'Archange s'arrondissant alors dans les bouffées moelleuses de la fumée.

  • « Lorsque j'ai découvert l'oeuvre de Pierre Dhainaut, j'ai été frappée par l'attention qu'elle accorde à deux postures fondamentales : l'écoute et la respiration. » Sabine Dewulf En regard, à l'écoute, comment mieux dire ce qui fonde l'oeuvre de Pierre Dhainaut. Comment mieux dire à quel point ces mots nous inspirent et nous incitent à les partager, à les vivre. La poésie de Pierre Dhainaut est, comme il a été souvent dit, un art du souffle. Par ses livres avec les artistes, « livres d'échanges » dit-il parfois, chacun pourra constater que ce souffle part de l'intérieur et s'élargit pour accueillir le monde. Avec Pierre Dhainaut, la poésie, les livres et les artistes font oeuvre d'alliance.

  • Lors de sa 74e session, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2019 Année internationale du tableau périodique des éléments chimiques. Ce tableau n'est pas qu'un simple guide ou catalogue de tous les atomes connus de l'univers : c'est essentiellement une fenêtre sur celui-ci nous aidant à mieux comprendre le monde qui nous entoure.
    L'année 2019 marque le 150e anniversaire de son invention par le chimiste russe Dimitri Ivanovich Mendeleïev.
    En hommage à une autre personnalité importante, l'écrivain romantique allemand NOVALIS, connu également pour avoir été lui même chimiste, cet ouvrage rassemble les voix de 118 auteur(e)s pour les 118 éléments à ce jour du tableau périodique.

  • « Il est de fait que toute l'humanité porte ou a porté le masque. (...) Des civilisations ont prospéré sans l'idée de la roue. Le masque leur était familier. » Roger Caillois Pourquoi encore un livre-de-masques ? L'essentiel sur le sujet est répété à l'envi dans toutes les préfaces de livres-de-masques :
    À savoir que le masque masque et démasque, que sa fonction est de cacher (le porteur religieux, comédien ou carnavaleux) et de révéler (le dieu, le personnage, la figure de fantaisie). On y ajoute parfois une autre fonction : la fascination voire la sidération du spectateur.
    Autre antienne : le masque est universel. Pour développer, illustrer, préciser ces idées, il existe des centaines de livres, catalogues, études sur les masques (Loi du marché rentable des salles de ventes oblige). Mais lesquels ? Les masques africains (depuis le cubisme), océaniens et amérindiens (depuis le surréalisme), himalayens depuis peu, ...on peut ainsi compter plus de 27 publications disponibles sur les masques dogons et 51 sur les masques tibétains. La moindre tradition y est recensée, décrite, expliquée, prête à vendre. Il y a moins d'intérêt (pour le moment, mais cela commence) pour les traditions européennes, les splendeurs de Roumanie ou de l'arc alpin.
    Pourquoi cette tache aveugle ? C'est à celle-ci que ce livre veut répondre.

  • Entouré de ses deux frères, le Mince et le Puissant, un jeune enfant vit dans une maison avec son doudou Félix qui l'aide et le rassure. Dans une ambiance lourde que l'enfant ressent sans bien la comprendre, Félix se disloque petit à petit et l'enfant en cache les morceaux partout dans l'habitation. Les adieux précipités du Puissant, l'abandon contraint de la maison avec le Mince qui disparaît bientôt lui aussi, plongent l'enfant dans la peur. Transporté dans un campement au delà du fleuve et entouré de gens qu'il ne connaît pas, c'est à un pacte qu'il devra son salut : le partage et la consommation avec une panthère des morceaux épars de Félix.
    À partir d'un ensemble de trois momies de chat de l'Égypte gréco-romaine, Olivia Rosenthal compose un récit énigmatique où se réactualisent les mythes égyptiens ; le lecteur y retrouvera quelques-uns des thèmes qui nourrissent l'oeuvre de l'auteure : l'abandon, la peur et les mécanismes mis en jeu dans l'enfance pour survivre en milieu hostile.

  • Au Metropolitan Museum de New York, Gaëlle Josse s'interroge devant l'énigmatique Jeune fille assoupie (vers 1657-1658) de Vermeer et tente de déchiffrer tous les possibles qu'elle suggère. Mais c'est au cours d'une errance urbaine dans cette ville de New York que l'oeuvre va prendre tout son sens, en trouvant un écho troublant et inattendu au coeur de la cité. L'art et la vie. L'art dans la vie. Et toujours cette question qui poursuit l'auteur : qu'est-ce qu'une oeuvre d'art a à nous dire, de nos vies, par-delà les siècles ? Et pourquoi celle-ci, parmi tant d'autres, vient-elle nous obséder ?
    Ici, l'art du peintre, fait de silence, d'instant arrêté et de geste suspendu, est au centre d'un mystère, celui du rapport unique entre l'oeuvre et celui qui la reçoit.
    Familière de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, explorée déjà dans Les heures silencieuses, l'auteur fait ici se répondre deux univers : l'espace fermé et statique de la peinture, d'une part ; l'espace ouvert et en mouvement de la mégapole, d'autre part.

  • En Hauts-de-France, à quelques kilomètres au sud de Cambrai et sur un site de sept hectares au coeur d'une petite vallée du Haut-Escaut, deux corps de bâtiments, magnifiques et imposants ; l'un du XIIe siècle, l'autre du XVIIIesiècle, tous deux témoignant aujourd'hui de la grandeur passée de l'abbaye cistercienne de Vaucelles. Fondée par Bernard de Clairvaux en 1132, Vallis cellae, le monastère de la vallée, fut l'une des plus puissantes et des plus florissantes maisons de l'ordre de Cîteaux.
    Protégée par des familles seigneuriales proches des rois des XIIe et XIIIesiècles et dirigée par des abbés redoutables et influents, elle connut au fil du temps, de par son implantation sur la frontière entre royaume de France, Saint-Empire romain et, plus tard, souveraineté espagnole, tous les tourments de l'Histoire. Vendue comme bien national à la Révolution, l'abbaye devient pour partie cour de ferme et carrière de pierres, et pour autre résidence de plaisance.
    Les terribles dégradations de la Grande Guerre lui font les derniers outrages, avant qu'elle ne plonge dans un sommeil de cinquante ans. Longtemps oubliée, l'enthousiasme et le travail de ses nouveaux propriétaires à partir de 1971 la font progressivement renaître au public. Depuis le rachat par le Département du Nord en 2017, le site fait l'objet d'un vaste programme de restauration et de valorisation.
    Comment résister aux secrets que portent en elles voûtes et croisées d'ogives du gothique primitif, dressées là, dans cet écrin de verdure, comme pour témoigner à la fois de la petite et de la grande Histoire ? Dans les interstices des bâtiments encore visibles se dessine en effet un récit long de près de neuf siècles, que donne à lire cet ouvrage riche en images et en données historiques, pour certaines inédites.

  • La collection Ekphrasis s'offre un nouveau titre.
    Autour du buste de marbre de La Petite Châtelaine de Camille Claudel, Caroles Fives déploie de multiples scénettes comme autant de points de vue de spectateurs. Elle nous fait entendre leurs dialogues, leurs pensées, tandis qu'ils traversent la salle d'exposition. Certains remarquent à peine le buste et poursuivent leurs conversations ; un étudiant des Beaux-arts arrive pour le dessiner ; un chercheur qui a traversé les États-Unis et l'Europe s'arrête pour le contempler. Le texte se veut polyphonique, témoignage des paroles et des pensées de passants face à cette oeuvre si particulière de Camille Claudel, rare car représentant une enfant, sur laquelle chacun projette ses peurs, ses attentes, ses désirs et même son insensibilité.

  • Patience de la lumière

    Collectif

    • Invenit
    • 15 Juin 2018

    Autour d'une oeuvre phare ou d'un ensemble inexploré, la collection Regard sur... propose une immersion dans les richesses du Musée de Boulogne-sur-Mer.
    Avec Ismaël de Virginie-Demont Breton (1859-1935), c'est à une des rares artistes femmes présentes dans les collections qu'est consacré ce premier titre. Le parcours de celle-ci, particulièrement notable pour la reconnaissance de ses consoeurs à la tête de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, en fait une figure marquante et encore trop méconnue de l'histoire des arts du XIXe siècle en France.
    OEuvre peinte en 1895, Ismaël permet d'évoquer l'engagement de l'artiste pour « la femme dans l'art », les recherches orientalistes développées à la suite de sa découverte de l'Afrique du Nord et plus largement encore la fascination qu'a exercé le voyage en Orient sur nombre d'artistes du XIXe siècle.

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