Et si on lisait en terrasse?

Les terrasses sont à nouveau ouvertes ! Et si vous accompaniez votre bière, café ou jus d'une bonne lecture?

  • Dans une vallée isolée d'Amérique centrale, peu après l'assassinat de leur mère, militante de la cause des indiens lenchuas, trois soeurs se trouvent confrontées à l'édification d'un barrage qui impose à la terre de leurs ancêtres les enjeux politiques et les aléas écosystémiques d'une modernité "verte".

  • Elizabeth, Joyce, Ibrahim et Ron frisent peut-être les quatre-vingts ans, mais ils en ont encore sous le capot. Leur passe-temps favori :
    S'atteler, tous les jeudis, à de vieilles affaires de meurtre, pour en découvrir le fin mot là où la police a échoué. Jusqu'à ce que la nouvelle leur parvienne : Tony Curran, l'associé du directeur de leur village de retraite, vient d'être retrouvé assassiné dans sa cuisine.
    Ni une ni deux, Elizabeth convoque ses trois acolytes et lance le Murder Club sur la piste du tueur, toutes cannes dehors. Quand il s'agit de tromper l'ennui et de doubler la police, il ne faut jamais sous-estimer les personnes âgées.

  • Kieran Elliott, trentenaire vivant à Sidney, retourne en basse saison dans sa ville natale d'Evelyn Bay, minuscule station balnéaire de Tasmanie. Ce court séjour familial fait aussitôt resurgir des souvenirs douloureux : douze ans plus tôt, à cause d'une aventure peu prudente en mer avec sa meilleure amie Olivia, deux hommes venant à leur secours ont disparu dans les flots. Depuis ce drame, de nombreux autochtones se méfient de Kieran.

    À peine est-il de retour que le cadavre d'une jeune femme est retrouvé sur la plage: la colocataire d'Olivia. Tous les regards se braquent sur Kieran. Est-il un bon père de famille qui a la malchance de subir les médisances d'une petite communauté recluse ? Ou est-il vraiment un sale type ? Bientôt, la vérité éclatera au grand jour...

    Dans un décor australien à couper le souffle, aussi idyllique que menaçant, Jane Harper prouve à nouveau son immense talent pour magnifiquement ficeler des intrigues et des noeuds familiaux, tout en faisant jouer à la nature sauvage un rôle primordial.

  • Nous sommes en 1992, entre mai et juillet. A Bari, comme ailleurs, tirs embuscade et meurtres sont monnaie courante. Quand la nouvelle arrive qu'un enfant, fils d'un chef de clan, a été enlevé, le maréchal Pietro Fenoglio se rend compte que le point de non-retour a été atteint. Maintenant, tout peut arriver. Puis, alors que personne ne s'y attendait,, le jeune patron qui a déclenché la guerre, et que tout le monde soupçonne de l'enlèvement, décide de collaborer avec la justice. Dans la longue confession qu'il délivre au magistrat, l'homme retrace sa propre aventure criminelle dans un conte hypnotique animé par une force vivante. Presque diabolique. Mais les déclarations du repentant ne suffiront pas à faire la lumière sur la disparition de l'enfant. Pour découvrir la vérité, Fenoglio sera contraint de pénétrer dans ce territoire ambigu où il est plus difficile de distinguer le bien du mal.

  • Albert Black

    Fiona Kidman

    Le nouveau roman de Fiona Kidman s'ouvre en octobre 1955, le premier jour du procès d'Albert Black à la Cour suprême d'Auckland : arrivé en Nouvelle-Zélande deux ans auparavant, ce jeune Irlandais du Nord, âgé de vingt ans à peine, est accusé du meurtre d'un garçon également immigré de fraîche date, à l'occasion d'une rixe dans un bar. Moins de cinq mois plus tard, il sera pendu, devenant ainsi l'avant-dernier condamné à mort du pays.
    S'inspirant de ce fait divers tragique, qui bouleversa le pays, Fiona Kidman s'interroge sur ce qui s'est réellement passé : remontant le fil des événements, elle enquête sur les circonstances du drame - crime passionnel ? légitime défense ? - mais aussi sur la personnalité d'Albert « Paddy » Black, gentil gamin jouant aux billes sur Sandy Row et dont la mère n'a que des souvenirs heureux, mais que les circonstances économiques ont chassé de Belfast dans l'espoir d'une vie meilleure.
    Avec son copain Peter, rencontré sur le bateau, il posait des câbles pour le ministère des Postes et Télégraphes dans la vallée de la Hutt. Fatigués de vivre dans des cabanes rudimentaires, tous deux convainquent Rose, une jeune veuve vivant seule avec ses enfants, de les prendre en pension. Paddy trouve là un deuxième foyer, mais parce qu'il aime s'amuser, aller au bal et séduire les filles, il finit par tenter sa chance à Auckland, où les chantiers embauchent.
    Fiona Kidman met en lumière avec beaucoup de finesse le contexte de l'époque : la peine de mort venait d'être rétablie, et le Premier ministre de publier un rapport sur les moeurs adolescentes dans le pays. Or la vallée de la Hutt passait pour l'endroit où le vice avait pris naissance... notamment à cause de l'arrivée de nombreux étrangers.
    C'est peu dire que la généreuse Rose fut l'objet de commérages pour avoir accueilli chez elle deux d'entre eux.
    Le roman, qui conjugue retours vers le passé, scènes du procès et évocations du quotidien de Paddy dans sa cellule, donne le sentiment poignant, et cela dès les premiers chapitres, que le sort de l'accusé est déjà scellé : le procureur général, comme la plupart des jurés, semble l'avoir condamné avant même que tombe le verdict, rendant impossible toute velléité de lui offrir les moyens de se défendre. Sa propre mère, qui avait pourtant désespérément entrepris de réunir l'argent du voyage, s'était vu fermement signifier que ce serait en vain.
    Même si le directeur de la prison lui montre un peu de compassion, Paddy comprend au fil des jours l'étendue de sa solitude dans ce pays où il s'était rêvé un avenir. Ce sont pourtant sa bonté, son calme et son humour qui irradient dans les pages que lui consacre Fiona Kidman.
    Ses dernières paroles - « Je vous souhaite un joyeux Noël, messieurs, et une Nouvelle Année prospère » - en sont la trace douce-amère.
    Ce livre saisissant résonne de manière particulièrement contemporaine : il met en effet en cause, à travers un fait survenu dans les années cinquante, les mécanismes, devenus hélas si familiers, à l'oeuvre dans le rejet de l'autre.

  • Jacob

    Simon Berger

    Jacob, c'est un garçon voyageur, un jeune vannier, un Bohémien ; un Yéniche. Mais la famille de Jacob ne voyage plus ; ses parents préfèrent rester en Auvergne, dans la roulotte, avec les enfants et les paniers qu'ils vendent. Un jour, Jacob se fait photographier.
    Jacob est beau et la photo garde la mémoire de cette grâce qui lui fut accordée. De cette grâce injuste qui devrait lui offrir une vie préservée de la violence de sa tribu. D'ailleurs un homme cultivé entreprend de l'en arracher, et de le polir, comme un diamant trop brut.
    Jacob, c'est un jeune garçon qui fut beau et qu'un bourgeois voulut tirer de sa gangue.
    Jacob, c'est toi.

    S. B.

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